fbpx
En cours de lecture
Rencontre avec Audrey Ouazan, une autodidacte à l’origine d’un nouveau mouvement artistique

Rencontre avec Audrey Ouazan, une autodidacte à l’origine d’un nouveau mouvement artistique

Après des études de droit, c’est un manuscrit de 700 pages qu’Audrey Ouazan écrit en 5 semaines. De ce manuscrit découle une réflexion sur la littérature et l’art qu’elle publie aux éditions Baudelaire en septembre 2021. Avec Le Destructuralisme libérateur, enfin un nouveau mouvement littéraire et artistique pour tous, elle souhaite revaloriser l’art et « créativiser » la société. Interview d’une autodidacte de l’écriture.

Anaïs : Vous avez fait du droit et de la littérature. Finalement, c’est du côté de la littérature que votre cœur a penché ?

Audrey Ouzan : Oui. La littérature est ce que je préfère, mais il me fallait un diplôme crédible, donc j’ai privilégié le droit. Je pensais même devenir avocate mais j’ai vite compris que je voulais écrire. Et finalement, je me suis lancée dans l’enseignement. J’ai enseigné mais aussi observé la société, et un mouvement littéraire et artistique a commencé à me trotter en tête.

A. : Vous signez ici un manifeste qui présente votre mouvement, que vous appelez le « destructuralisme libérateur ». Y a-t-il eu un élément déclencheur de l’écriture de ce manifeste ?

A.O. : Quand j’ai commencé à écrire, je ne savais même pas que je savais écrire. J’ai débuté par quelques textes sur lesquels j’ai eu de très bons retours. L’écriture a toujours été instantanée pour moi. Je ne réfléchis pas quand j’écris. Et un été, j’ai écrit un manuscrit de 700 pages en 5 semaines, juste pour le plaisir. En prenant du recul, je me suis rendue compte que j’avais inventé quelque chose qui n’existait pas : une espèce de roman expérimental avec différents genres littéraires. Tous les genres y sont passés, de la pièce de théâtre, à l’essai en passant par le conte et la poésie. Ce manuscrit marque le début de ma réflexion sur la littérature et l’art.

A. : Il parlait de quoi ce livre de 700 pages ?

A.O. : Le fil conducteur entre les différents genres est une rencontre entre un homme et une jeune fille qui donne lieu à beaucoup de mystères sur l’identité de cet homme. C’est en somme un roman d’apprentissage pour la jeune fille.

Ce nouveau mouvement vise non seulement une nouvelle approche esthétique, mais il corrobore des idéaux concrets et en cours de réalisation. Ce manifeste dévoile avec ferveur l’éclosion de nouvelles pensées aux résonances sociétales, philosophiques voire politiques, tout en renversant certaines idées reçues et le conformisme.
A. : Créer un nouveau mouvement littéraire nécessite des fondements, une méthodologie. Sur quoi repose le destructuralisme libérateur ?

A.O. : Il repose avant tout sur l’écriture instantanée, spontanée et dans le fait de trouver la créativité dans le lâcher prise. Mon projet consiste vraiment à créer sa propre identité littéraire.

A. : Il est difficile de trouver sa propre identité littéraire sans être guidé.

A.O. : D’où mon projet de transmettre ma méthodologie et de développer le destructuralisme libérateur. Je suis en train d’y travailler. Bon, déjà moi, cela m’a demandé beaucoup d’années et d’apprentissage. En plus, il y a eu un moment où le monde de l’édition n’était pas prêt à recevoir un manuscrit comme le mien. Je leur montrais quelque chose qu’ils ne connaissaient pas du tout, mais là je pense que c’est le bon moment pour le destructuralisme libérateur.

A. : Pourquoi ?

A.O. : Parce qu’il y a une énorme demande en créativité et en enrichissement personnel.

A. : Le destructuralisme libérateur propose une libération de l’art à partir d’une créativité totale, c’est bien ça ?

A.O. : Tout à fait. Il faut être capable de se laisser aller et de créer à partir de rien. Je pense que c’est une forme de libération de l’art que d’être capable de faire ça.

A. : J’ai relevé quelques-uns de ses fondements : une écriture spontanée, un fond qui prime sur la forme, des envolées lyriques, une inscription dans la tradition à laquelle on ajoute de la modernité… Plus concrètement, comment fait-on ?

A.O. : On met la liberté au premier plan, au service de la créativité. Pas la liberté pour la liberté dans le sens de révolte. Quand on entend destructuralisme libérateur, on pourrait le penser mais ce n’est pas du tout ça. C’est déstructurer pour libérer la créativité mais restructurer ensuite. Une démarche de développement personnel par la créativité. Par exemple, c’est apprendre les techniques d’écriture, se les approprier et expérimenter. C’est une fois que l’on a acquis les principaux outils que l’on peut commencer à se permettre de la créativité spontanée.

A. : Vous parlez de créativité parfois ignorée et prônez une démocratisation de la créativité. Je pense que tout le monde a de l’imagination mais pensez-vous que tout le monde soit capable de créer quelque chose ?

A.O. : Je distingue deux types de personnes. D’un côté, les artistes et de l’autre, les gens qui ont une créativité poussée. Mon projet s’adresse aux deux profils. Et je trouve intéressant de s’adresser aussi aux personnes qui ne sont pas dans le milieu de l’art mais qui veulent explorer leur créativité et pourquoi pas se révéler.

A. : Donc tout le monde est créatif ?

A.O. : Chacun à son niveau peut développer une forme de créativité. Parfois, certains ne le sont pas a priori et en leur donnant les outils, ils vont être capable de faire quelque chose, pas forcément une œuvre d’art mais ils deviennent capable de sublimer la matérialité.

A. : Qu’est-ce qui fait, selon vous, que certains créatifs arrivent à créer une œuvre d’art et pas d’autres ?

A.O. : Je pense que certains ont des prédispositions, des capacités plus poussées d’analyse, de créativité, d’imagination. Je pense que ce sont des gens qui, depuis leur plus jeune âge, observent le monde…

A. : Vous dites que votre mouvement est aussi une approche sociétale, éducative, politique mais aussi civilisationnelle, également un enjeu pour les générations futures et devant apporter un nouveau prestige pour la France. C’est un vrai programme politique, ça.

A.O. : Oui. Tout ce qui est apolitique est finalement politique. Je trouve que dans l’art, il y a forcément des résonances politiques et sociétales. Et ce que je souhaite proposer est un vrai changement de paradigme.

A. : D’ailleurs, vous n’allez pas vous arrêter là si j’ai bien compris.

A.O. : Non. Je suis en train de créer une Université Honorum qui valorise les talents et le savoir créatif, une entreprise d’événementiel autour du projet, et plus largement un projet sociétal « Cursus Honorum » destiné à cette créativité nouvelle.

Le Destructuralisme Libérateur, enfin un nouveau mouvement littéraire et artistique pour tous est disponible aux éditions Baudelaire.

© 2022 Arty Magazine. Tous droits réservés.

Retourner au sommet