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« The Sparks Brothers » : Edgar Wright rallume l’étincelle rock des frères Mael

« The Sparks Brothers » : Edgar Wright rallume l’étincelle rock des frères Mael

On tient la pépite ciné de la semaine : The Sparks Brothers, une épopée documentaire héroïque et musicale, du réalisateur de la trilogie Cornetto, Scott Pilgrim ou Baby Driver, entre autres. Peut-être même le film de l’été, puisque la bande son ne te lâchera plus jusqu’en octobre.

Fun fact mondain : tu auras peut-être vu le nom des frères Mael sur l’affiche du récent Annette de Leos Carax – ils en ont signé le scénario !

The Sparks Brothers est une odyssée musicale qui raconte cinq décennies à la fois étranges et merveilleuses avec les frères/membres du groupe Ron et Russell Mael, qui célèbrent l’héritage inspirant des Sparks : le groupe préféré de votre groupe préféré.

Une aventure audiovisuelle formidable

À l’image de son réalisateur, ce documentaire est une aventure rock teintée de magie. On ne doute pas un seul instant de l’implication d’Edgar Wright dans le montage : coloré, excitant, pop, drôle. Aux images d’archives nécessaires à un tel projet – retracer les 50 années de carrière des Sparks – s’ajoutent des parties en dessin animé, des collages, de re-créations humoristiques actuelles. Là où la plupart (en tout cas un certain nombre) de biopics musicaux se perdent dans des nomenclatures convenues dirigeant le spectateur entre l’archive et l’interview contemporaine, le cinéaste s’amuse à jouer des médiums visuels et du montage dans une odyssée ébouriffante menée à la baguette par la discographie éclectique du plus britannique des groupes américains.

Certes, la structure du film, uniquement chronologique, est convenue, parfois un peu lassante – mais finalement fonctionne bien puisque le groupe oscille entre les succès et les déboires, réinventés à chaque composition. Considérons que l’hommage peine un peu en fin de course et le souffle se tarit, à force d’éloges et de mythifications. Probablement parce que l’histoire elle-même est absolument irréelle. Pourquoi les Sparks ne sont-ils pas au sommet du monde de la pop ? Au moins, pourquoi n’y ont-ils jamais vraiment figuré ? Stakhanovistes et qualitativistes acharnés, Ron et Russel Mael auront mis au monde 25 albums studio dont les plus grands groupes se seront inspirés. Leur histoire est celle du mouvement, des mouvances populaires, du moment, inaltérable et impitoyable. Leurs textes, nés de l’esprit asocial et résigné de Ron, sont de purs poèmes aux racines profondément quotidiennes.

Ce look à la Hitler de Ron qui aura fait couler beaucoup d’encre dans les années 70, jusqu’à se faire remarquer par les Beatles

Le groupe préféré de ton groupe préféré

Ce que le documentaire cherche avant tout à mettre en exergue, c’est la résilience des frères Mael et de leur abnégation totale envers leur art. Le groupe se renouvelle sans cesse : au temps qui passe se substituent les styles variés et les sonorités tantôt rock british, pop, électro, opératique. De plateaux télé en radios en retraites forcées, jamais les deux Sparks n’auront transigé sur la qualité de leur son, quitte à rater le mouvement et se mettre le public à dos. Bien entendu, le film divisera forcément les fans de la première heure aux néophytes tout juste initiés (comme votre serviteur), selon la jurisprudence Sugar Man établie en 2012.

Afin de maximiser la hype sur ce groupe dont la plupart des fans reconnaissent qu’il est quasiment inconnu, Edgar Wright a misé sur une ribambelle de noms tous plus cools les uns que les autres : qui mieux pour évoquer l’influence massive des Sparks que New Order, Duran Duran, Flea des Red Hot, l’inoxydable Giorgio Moroder, Franz Ferdinand, et tellement d’autres. Le cinéaste a parfaitement assimilé le principe du : « ce sont les autres qui en parlent le mieux ». Edgar Wright lui-même ne se prive pas pour se faire entendre, pose des questions, en photo, comme un fanboy qui avant tout transmet une passion. Voir The Sparks Brothers, c’est trépigner d’impatience de faire découvrir une nouvelle série à ses amis, et attendre leur retour préférablement enjoué. On osera même avancer que les Sparks sont le groupe à faire découvrir à ton crush de l’été, le truc qui te fera conclure l’affaire – indubitablement, dirait James Bond.

THE SPARKS BROTHERS
Réalisé par Edgar Wright
Avec Russel & Ronald Mael, Beck, Jason Schwartzman, Giorgio Moroder
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