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Électrifions-nous avec « Little Zombies », ovni visuel et musical

Électrifions-nous avec « Little Zombies », ovni visuel et musical

Disponible depuis le 23 juin sur OCS, voici Little Zombies, une expérience visuelle et musicale complètement délirante. Attention les yeux !

Habitué du milieu de la publicité et des clips musicaux, Makoto Nagahisa nous dévoile son tout premier long-métrage, Little Zombies, quelques années à peine après son premier succès sur la scène internationale avec son court métrage très novateur And so we put goldfish in the pool. Nagahisa reprend des thèmes qui lui sont chers : une jeunesse japonaise en manque de repères, un constat naturaliste de la vie, ou encore le contraste entre une jeunesse à l’imagination débordante et des adultes mornes et absents.

Les acteurs de Little Zombies ne sont pas des débutants malgré leur jeune âge : Keita Ninomiya a joué dans Tel père, tel fils (Kore-Eda, 2013), Satoshi Mizuno tourne depuis l’âge de deux ans, Mondo Okumura a travaillé en tant que portraitiste alors qu’il était à l’école élémentaire, tandis que Sena Nakajima a joué dans un sketch de Sion Sono

Une expérience délirante narrée comme un jeu vidéo

Le film suit quatre adolescents, issus de milieux bien différents, qui font connaissance au crématorium à l’occasion de l’incinération de leurs parents respectifs, tous morts de causes distinctes. Semblant apathiques face à cette tragédie, les quatre compères partent ensemble, bien décidés à vivre à leur manière. Au fil des rencontres et des aventures, ils s’érigent au rang de rockstars, rien que ça ! S’ils ont désormais enfin une voix, une tribune, cette nouvelle situation ne résout en rien leurs problèmes de fond… L’évolution des personnages dans l’histoire reprend les codes narratifs d’un jeu vidéo – on peut alors dire que le niveau final est encore à perte de vue et qu’il s’annonce d’une grande difficulté.

Nagahisa a fait un storyboard de toutes les images de son film puis les a tournées une à une lors d’essais caméra avec son équipe technique (la même que celle de son court-métrage) à la place des acteurs, et ça se voit. Pour retranscrire aux spectateurs la part d’imagination de son quatuor, il prend le parti de l’immersion totale grâce à des traitements d’images divers (à la caméra cinéma habituelle s’ajoutent des images tournées à l’iPhone, d’autres en Super 8…), des points de vue inattendus (Nagahisa et son chef opérateur Hiroaki Takeda nous placent au même niveau qu’un skateboard sur un parcours), et, de manière générale, toutes les ressources qui sont à sa portée. Résultat, le film fait l’effet d’un shot d’adrénaline.

Les quatre personnages, issus de milieux sociaux distincts, se rencontrent au crématorium pour l’incinération de leurs parents

Nagahisa, couteau-suisse musical

La musique tient également une grande importance dans l’œuvre puisqu’il n’y a pas moins de 90 chansons utilisées en 2 heures de film ! Si certaines sont diffusées telles quelles, et d’autres ré-enregistrées pour les adapter au film (comme This will be our year du groupe The Zombies, spécialement arrangée pour le quatuor), Nagahisa a également fait appel à une grande variété d’artistes, pour la plupart anticonformistes, pour composer la singulière aventure musicale qu’est Little Zombies – le réalisateur a aussi participé à la création du contenu sonore. On te parlait de jeu vidéo : l’une des signatures sonores du film est l’utilisation de la chiptune music, soit des sons synthétisés que l’on peut notamment obtenir par la puce audio d’une console Nintendo.

Un scénario basé sur des sujets forts et délicats, narrés sous forme d’aventure de jeu vidéo old school, mis en images comme un voyage électrisant en plein cœur de l’imagination sans limites d’adolescents, et dynamisés par une bande-son surréaliste et éclectique. Little Zombies s’impose comme un ovni cinématographique fidèle à lui-même aussi bien dans le fond que dans la forme, difficilement classable et  définitivement inoubliable !

LITTLE ZOMBIES
Réalisé par Makoto Nagahisa
Avec Keita Ninomiya, Satoshi Mizuno, Mondo Okumura
Disponible sur OCS

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