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« La Proie d’une ombre », les petites angoisses de Rebecca Hall

« La Proie d’une ombre », les petites angoisses de Rebecca Hall

Pour Arty Magazine, la compétition deauvillaise commençait avec La Proie d’une ombre, un thriller teinté de fantastique réalisé par David Bruckner, qui s’essayait déjà au genre de l’angoisse dans ses tous premiers projets. A-t-on frissonné devant la performance de Rebecca Hall ?

Déchirée par la mort brutale de son mari, Beth se retrouve seule dans la maison au bord du lac qu’il avait construite pour elle. Elle s’efforce de faire face, mais d’inexplicables cauchemars font leur apparition. Dans de troublantes visions, une présence insaisissable semble l’appeler

Découverte dans Le Prestige de Christopher Nolan, puis consacrée dans Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen, Rebecca Hall porte à elle seule La Proie d’une Ombre dont elle est la coproductrice

Rebecca Hall en première ligne

Si l’équipe du film n’avait pas pu venir présenter l’œuvre au public du festival, l’actrice principale nous gratifiait d’une petite vidéo d’annonce diffusée en début de projection. Elle y remerciait le public, l’organisation de l’événement, les programmateurs. Une petite attention sympathique et détendue qui allait bientôt contraster avec l’enfer auquel Rebecca Hall était promise sur le grand écran du Centre International. Une partition presque parfaite de femme seule qui découvre peu à peu les terribles secrets de son époux défunt.

Déjà 15 ans qu’on a découvert Rebecca Hall dans Le Prestige de Christopher Nolan, son deuxième long, avant la consécration publique de Vicky Cristina Barcelona. Depuis, les années se suivent et se ressemblent quelque peu pour la Britannique qui ne déçoit jamais vraiment. La Proie d’une ombre lui offre ici l’occasion de s’essayer au jeu des terreurs nocturnes d’une professeure de lycée rattrapée par les conséquences du décès de son mari. Un jeu qu’elle maîtrise très bien malgré le fait que le film souffre des incohérences habituelles de ce genre d’exercice. La comédienne y reste professionnelle, touchante, parfois drôle et pleine de sarcasme.

Selon son réalisateur, La Proie d’une ombre est un thriller psychologique doublé d’une histoire de revenants : « C’est à la fois une histoire de fantômes aux accents de romance gothique et le portrait d’un mariage profondément perturbé.« 

N’est pas Alfred qui veut

L’hommage à Hitchcock est particulièrement appuyé, et l’on pourra supposer que l’ombre en question soit celle de David Bruckner, le réalisateur, spécialiste de l’angoisse. Un élève sincère et consciencieux qui n’aura malheureusement pas dépassé le maître, mais à qui on souhaite plus de chances sur le prochain projet. Si La Proie d’une ombre est parfois efficace et original, difficile de tout à fait croire à certaines décisions de l’héroïne qui peine constamment à faire le bon choix. La majorité de sa détermination nous laisse un goût étrange au fond des yeux, qui reviendrait par exemple à poser une casserole de paëlla brûlante sur ses genoux en pleine route de montagne : à la douleur physique inévitable s’ajouterait l’humiliation mentale de la vraie mauvaise idée du débutant.

L’image est sûrement plus brutale qu’on ne le souhaite : le film est techniquement réussi, notamment grâce aux jeux de lumière et de perspectives que le cinéaste et son directeur de la photographie ont mis en scène. Le public deauvillais s’est d’ailleurs, à raison, permis quelques sursauts et le film était globalement bien accueilli. Quelques réflexions sur le titre original, The Night House, rendront probablement plus justice au sentiment qu’on cherche ici à te faire passer : La Maison de nuit. Ou encore, La Nuit dans la maison. C’est probablement nous, mais on a toujours du mal à parfaitement accrocher aux histoires de gens toujours seuls, toutes les nuits, dans une maison perdue en forêt, et sans cesse assaillis de cauchemars à se pendre par anticipation. Si jamais tu en es, toi lecteur, plutôt friand, alors sache que La Proie d’une ombre ne te décevra pas.

LA PROIE D’UNE OMBRE
Réalisé par David Bruckner
Avec Rebecca Hall, Sarah Goldberg, Vondie Curtis-Hall, Stacy Martin
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