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« J’ai perdu mon corps » : retour sur un chef d’œuvre de l’animation française

« J’ai perdu mon corps » : retour sur un chef d’œuvre de l’animation française

Disponible en streaming gratuitement sur France TV jusqu’au 13 juillet, le chef d’œuvre fantastique et captivant de Jérémy Clapin récompensé aux César, J’ai perdu mon corps, nous offre une odyssée poétique d’une main dans Paris.

Il faut un peu d’imagination pour se projeter dans J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin, et pourtant, rien ne semble jamais improbable. Au contraire, c’est un conte poétique et sensoriel d’une main partie à la recherche de son corps à travers Paris, se déplaçant sur ses cinq doigts comme d’autres leurs pieds. Aussi, c’est l’histoire d’un jeune orphelin livreur de pizzas, Naoufel, qui rencontre une fille, Gabrielle, ou plutôt sa voix à travers un interphone. De ces deux situations semble t-il sans lien, découle une narration captivante : l’histoire d’un jeune homme en quête de lui-même.

Adapté du roman Happy Hand de Guillaume Laurant, collaborateur régulier de Jean-Pierre Jeunet, J’ai perdu mon corps est d’une poésie et d’une créativité que seule l’animation semble pouvoir proposer. Il prend toute sa dimension artistique dans la mise en scène pensée à la fois comme un vrai film mais s’affranchissant aussi, de fait, des contraintes techniques du réel. Certains plans restent imprimés sur la rétine après la projection tant ils sont beaux et imaginatifs.

Jérémy Clapin voulait éviter « d’esthétiser » le film car selon lui, la beauté des graphismes peut cacher la faiblesse du propos : « Je voulais des accidents, de la matière, quelque chose de rugueux et pictural. Ce film, ce n’est pas que du dessin, c’est aussi de la photo, de la lumière, de la profondeur de champ, des perspectives et des caméras étonnantes. Au final, c’est un univers à mi-chemin entre le dessin et le cinéma ».

Une odyssée abrupte et étourdissante

Les souvenirs d’enfance doux, chauds et puissants de Naoufel avec ses parents, dans un pays maghrébin, se mêlent au présent avec délicatesse. À l’opposé, Paris est gris mais intense, neigeux et souvent féerique. Les scènes impliquant la main à la recherche de son corps sont plus étourdissantes et abruptes mais d’une inventivité surprenante (spoiler, la scène de l’attaque de rats dans le métro est absolument brillante).

Enfin, la musique originale de Dan Levy sublime ce conte animé de manière presque cosmique (oui, on s’autorise à convoquer l’univers). Ayant travaillé seulement avec les esquisses des plans du film mais très aidé par les voix enregistrées des comédiens, le musicien fait résonner l’histoire de Naoufel et Gabrielle plus vite et plus fort.

Récompensé à Cannes, au Festival d’animation d’Annecy et au Festival du film français de Los Angeles, l’œuvre de Jérémy Clapin, forte de son succès, sera bientôt disponible sur la plateforme Netflix dans le monde entier… Sauf en France, rapport à la chronologie des médias, où il sera accessible en streaming dans trois ans. En attendant, la meilleure manière d’apprécier pleinement ce grand moment de cinéma est d’aller voir J’ai perdu mon corps dans une salle obscure. À vos tickets.

MISE À JOUR DU 12 JUILLET
Article initialement publié le 07.11.2019

J’ai perdu mon corps est disponible jusqu’au mercredi 13 juillet en streaming, en exclusivité et gratuitement, sur la plateforme France TV.

J’AI PERDU MON CORPS
Réalisé par Jérémy Clapin
Avec Hakim Faris, Victoire Du Bois, Patrick d’Assumçao
À voir sur France TV

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