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Journal de bord d’un confiné : Saint-Ouen vu par Benoît Sylla

Journal de bord d’un confiné : Saint-Ouen vu par Benoît Sylla

Marin Woisard

Photographe, membre du studio Hans Lucas et DJ sous le nom de Pain Benny, Benoît Sylla fait partie de ces artistes qui nous sidèrent par leur énergie inaltérable, sans cesse sur la brèche, en constant mouvement. Mais que se passe t-il quand le temps s’arrête ?

Mardi 17 mars à midi, la sentence est irrévocable. Le premier confinement entre en vigueur, la France se met à l’arrêt, nos vies basculent en mode veille. Benoît Sylla prend la porte de sortie, l’appareil photo en bandoulière, dans les rues désertes de Saint-Ouen. Son heure de promenade est l’occasion de capturer cet étrange nouveau monde, seul rescapé d’une apocalypse silencieuse, à tenter de réunir les souvenirs de l’agitation passée : « Ce récit traite d’abord d’une ville qui m’a séduit par son dynamisme et qui est devenue du jour au lendemain endormie » nous dit-il.

Citadin contemplant une mer de vestiges, Benoît Sylla photographie le vertige d’une solitude somme toute dystopique, entouré d’une carcasse d’usine crachant des panaches de fumée, remontant une avenue que seul le vent pourrait agiter, découvrant les cabanons des Puces sans leur fièvre marchande. Une fois rassasié de paysages lunaires, le photographe quitte le grand air pour rejoindre son centre de gravité quotidien, entre les quatre murs de son appartement. L’évasion est alors permise par la fenêtre de Facebook où il se produit en DJ Set, et celle plus matérielle qui donne sur la rue : « Je raconte aussi comment nous avons dû nous réapproprier ce « chez soi » et réinventer le divertissement au sein de ce cocon ».

 

Voir aussi

La série Saint-Ouen, une mélancolie oscille entre le reportage et le portrait pour présenter deux facettes autobiographiques d’un moment unique.

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