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« Spiral » : catharsis d’un acteur en perdition

« Spiral » : catharsis d’un acteur en perdition

L’acteur français Sofiene Mamdi présente son premier film en tant qu’auteur réalisateur, premier essai concluant ou tentative maladroite ? On te dit tout !

Alexander est un acteur profondément autodestructeur. Quand il ne joue pas sur scène il est réceptionniste dans un hôtel. En permanence sous l’emprise de substance illicite et d’alcool, il enchaîne les décisions aux lourdes conséquences. Un soir il se fait poignardé par des dealers et manque de peu d’y laisser sa vie : c’est l’épiphanie. Ni une ni deux, Alexander se met au vert et arrête tous ses excès. Il écrit un scénario, Spiral, 100% inspiré de son vécu, en particulier les drames qui ont ponctué sa vie

Le film a été sélectionné et primé dans de nombreux festivals ; au Los Angeles Cinema Festival, au Rome Independent Film Awards, ou encore à l’ARFF Barcelona International Awards

Un film à petit budget

Spiral c’est aussi l’histoire d’un pari. Rares sont ceux qui réussissent à faire paraître en salle obscure un premier long-métrage auto-produit. C’est le cas de Sofiene Mamdi, scénariste réalisateur producteur et acteur principal du film. Il s’est entouré d’une petite équipe, et avec un mini budget, a poursuivi ses rêves de réalisateur. Cet exploit permet de mettre en avant les avantages d’une production indépendante, parmi lesquels : non contraint par un financement de marché, Spiral se permet de dire et montrer beaucoup de choses qu’un studio aurait potentiellement censuré. On sent la liberté créatrice au travers du film.

Pour autant, les défis de production du film se ressentent à l’image. L’esthétique générale du film a une qualité assumée similaire aux films de type « found footage » (ex : Le Projet Blair Witch). Avec un recours constant aux plans serrés, toujours en mouvement, on ne peut échapper à la noirceur des personnages étant en permanence dans leur intimité. Le résultat est très, parfois trop, immersif. Certains pourront apprécier cette proximité, comme on peut apprécier un Rosetta des frères Dardenne, quand d’autres se sentiront peut-être oppressés dans le manque de distances.

« Le choix d’une fiction filmée comme documentaire est le résultat d’une réflexion profonde sur le sujet du film, évoluant entre réalité et fiction » explique le dossier de presse

Une fiction, dans une fiction, dans une fiction…

C’est l’un des éléments les plus intéressants du film, la constante mise en abyme de cette recherche de catharsis. Alexander joue sur scène un personnage face au deuil de son père, mais surtout de leurs rapports conflictuels. Dans sa vie de tous les jours, hors des planches, après être passé près de la mort, il tente de fuir ses démons du passé parmi lesquels on retrouve deuil et relations toxiques. Dans son scénario, il écrit sur un homme qui va atteindre sa catharsis malgré une vie empreinte de tragédie, après être descendu aux enfers et avoir frôlé de près la mort… La mise en abyme semble ne jamais s’arrêter.

Tu l’auras compris, dans l’ensemble beaucoup de sujets lourds sont abordés coup sur coup. Mamdi n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de son propos quitte à aller encore plus loin. Il ne recule devant rien pour nous emmener au plus profond de la nuit parisienne et de ses débauches, au plus profond du microcosme du cinéma et ses perverties. Les personnages ont tous en commun d’être toxiques pour eux même et pour les autres, ils s’entraînent tous vers le bas tentant tant bien que mal de dompter leurs démons.

Une expérience atypique qui ne laisse pas indifférent

Selon Aristote, la catharsis est la purification de l’âme délivrée de ses passions chez le spectateur d’une pièce de théâtre dramatique. Libre à chacun de ressentir ou non cette purification devant Spiral. Ce qu’on peut dire en revanche, c’est que le personnage d’Alexander, lui, l’a bien atteinte.

SPIRAL
Réalisé par Sofiene Mamdi
Avec Sofiene Mamdi, Constantin Leu, Cécile Fisera, Julien Romano
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