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Home Ciné #11 : « Mauvais Sang », la perfection faite Leos Carax

Home Ciné #11 : « Mauvais Sang », la perfection faite Leos Carax

Pendant toute la durée du (re)confinement, Arty te propose ses Home Ciné, un lieu convivial où nos rédacteurs et journalistes présenteront leurs films préférés. Ceux qu’ils ont vu à 6 ans, ceux qu’ils ont découvert suite à leur première rupture amoureuse, ceux qu’ils dévorent avec un paquet de chips chaque dimanche soir depuis dix ans… Bref, tous ces films de leur vie qu’ils souhaiteraient te faire découvrir, là, maintenant.

Aujourd’hui, Alma-Lïa nous présente Mauvais sang, de Leos Carax, 1986.

Les icônes inoubliables de Mauvais Sang en trois couleurs : rouge pour Juliette Binoche, gris pour Denis Lavant, blanc pour Michel Piccoli.

Sous l’accablante chaleur dégagée par la comète de Halley, la population parisienne est frappée par un virus tuant ceux qui font l’amour sans s’aimer. Marc et Hans, deux vieux gangsters, se retrouvent le couteau sous la gorge à devoir rembourser une dette, et planifient un vol dans un laboratoire de vaccin contre cette nouvelle maladie. À la suite de la mort de Jean, élément central du coup, ils font appel aux talents de prestidigitateur d’Alex, son fils.

Deuxième film du cinéaste, Mauvais Sang garde toute l’émotion créative et la timidité tendre qui caractérisent habituellement les premiers films. Baignant dans un univers hommage à la Nouvelle Vague, surtout celle de Godard, cette œuvre de Leos Carax nous offre avec une simplicité désarmante l’histoire d’un homme qui rencontre une femme, d’un boy meets girl, inlassablement… Ce scénario aux multiples étrangetés emprunte ses codes (détournés) aux thrillers, à la science-fiction et aux romances, et met en scène le jeune Denis Lavant aux côtés de Juliette Binoche et de Julie Delpy, tous deux très jeunes et déjà inoubliables.

Une œuvre majeure et métaphorique

Dans la lignée de la modernité cinématographique, le film jongle entre une poésie, un jeu d’acteur sans artifices et la beauté pétillante du quotidien, tout en produisant des plans cultes qui demeurent, encore aujourd’hui, parmi les plus beaux du cinéma français, à l’image d’un Denis Lavant dansant dans les rues de Paris sur un air de David Bowie. Le travail sur la couleur hante toujours nos rétines, et ce dernier n’a d’égal que le choix des musiques qui bercent le film d’un bout à l’autre, en prenant profondément racine dans nos têtes.

Le film se rapproche indiscutablement de la perfection, et occupe une belle place au sein de la filmographie toujours sans fautes du cinéaste. Cette œuvre majeure du cinéma français se distingue par sa modestie et nous trouble par son innocence cristalline, qui détonne avec le poids invisible et pourtant omniprésent d’une violence sociale et de l’arrivée du SIDA. En effet, Mauvais Sang est également le premier film qui, en 1986, évoque (métaphoriquement) la maladie à l’écran.

MAUVAIS SANG
Réalisé par Leos Carax
Avec Denis Lavant, Juliette Binoche, Michel Piccoli, Julie Delpy
Actuellement disponible sur LaCinetek

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