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Home Ciné #24 : « La Belle et la Bête », le conte de fées magnifié par Jean Cocteau

Home Ciné #24 : « La Belle et la Bête », le conte de fées magnifié par Jean Cocteau

Pendant toute la durée du semi-confinement et des salles fermées, Arty Magazine te propose ses Home Ciné, un lieu convivial où nos rédacteurs et journalistes présentent leurs films préférés.

La rubrique Home Ciné, c’est l’occasion de revoir les films que nos rédacteurs ont découvert à 6 ans, ceux qui les ont consolés suite à leur première rupture amoureuse, ou qu’ils dévorent avec un paquet de chips chaque dimanche soir depuis dix ans… Bref, tous ces films de leur vie qu’ils souhaiteraient te faire découvrir, là, maintenant.

Aujourd’hui, Alma-Lïa nous présente La Belle et la Bête de Jean Cocteau, 1946.

Il s’agit de la première véritable adaptation au cinéma du conte, écrit en 1757 par Mme Leprince de Beaumont. Suivront la version animée de Disney en 1991 et la comédie musicale à Broadway en 1994

S’il ne devait y avoir qu’une version…

On connaît tous la chanson. Le conte de la Belle et la Bête n’a eu de cesse d’être adapté en littérature comme au cinéma. Et si la version de Disney a fait danser et chanter ton enfance, Jean Cocteau fut pourtant le premier à l’adapter au cinéma, dans une version en noir et blanc entre féérie et surréalisme, qui reste encore aujourd’hui l’un des plus grands chefs d’œuvre du cinéma français.

Jean Cocteau, artiste à l’œuvre majeure, polyvalente et hypnotisante, virevolte avec une élégance sans égal entre l’écriture, la photographie, le dessin, le cinéma et le théâtre. Et si son héritage est important dans de nombreux domaines, son cinéma influence encore aujourd’hui un nombre inimaginable de réalisateurs majeurs, de David Lynch à Jacques Demy, en passant par Scorsese ou Godard. Rien que ça. La raison de cet engouement ? Un film. La Belle et la Bête, à l’image de son personnage joué par Jean Marais, est une sorte de monstre, un monstre immortel et intemporel du cinéma, aux images d’une beauté ensorcelante et à l’esthétique féérique-poétique-documentaire, magnifiées par les lumières d’un des plus grands chefs opérateurs au monde, Henri Alekan – qui a travaillé avec Renoir, Carné, Melville, Wim Wenders, Raoul Ruiz, on en passe et des meilleurs…

Avant d’être mondialement reconnu, le couturier Pierre Cardin a fait ses preuves sur le tournage de La Belle et la Bête sous la houlette du chef costumier Christian Bérard, en réalisant de nombreux costumes et masques

L’inconscient poétique selon Cocteau

« J’arrache ce conte au néant par surprise », écrit Jean Cocteau dans son journal de tournage. Le cinéaste voit dans le conte de fée un moyen de plonger dans l’inconscient, celui des gens comme celui de la société. Il pense le mythe comme une architecture de notre imaginaire, et s’invente un monde où le rêve et la réalité sont indissociables. Dans ce film, une beauté incandescente et poétique, mêlée d’une froideur documentaire, fait surgir des profondeurs des images les pulsions qui nous guident, et chaque forme évoque une apparition spectrale. Tout cela avec une liberté technique sans égale. En effet, Cocteau s’amuse à oublier toutes les avancées techniques du cinéma pour inventer les siennes, et fait ainsi du film une petite merveille d’ingéniosité.

À l’heure du réalisme de l’après-guerre, Jean Cocteau rend au cinéma sa puissance magique, et fait de ce conte de fée une avancée onirique et mystérieuse dans son univers poétique unique, en s’imposant par la même occasion au Panthéon des grands réalisateurs français.

LA BELLE ET LA BÊTE
Réalisé par Jean Cocteau
Avec Jean Marais, Josette Day
Disponible sur LaCinetek, MyCanal

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