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Quelles sont nos 10 petites madeleines préférées de Blow Up ?

Camille Castres

Lancée par Luc Lagier, l’émission des cinéphiles d’Arte est une gourmandise qui se dévore avec avidité depuis plus de 10 ans. Blow Up, clin d’œil au célèbre film d’Antonioni, convoque le cinéma, avec autant de passion que d’humour, pour témoigner des passerelles intimes entre le 7ème Art et notre vie quotidienne.

C’était quoi Jean-Pierre Bacri ?

Le plus touchant des épitaphes cinéphiles
Mal embouché dans Le goût des autres, touchant de paternité dans l’injustement méconnu Adieu Gary, désabusé dans les circonvolutions existentielles de La Vie très privée de Monsieur Sim, tordant dans le costume d’un petit chef dans Le Sens de la fête… Au rythme de la rétrospective menée tambour battant par Luc Lagier, l’inoubliable Bacri se dévoile en 10 temps forts rafraichis à nos caboches faillibles, autant par la narration grisante et enlevée du journaliste, que pour la sélection d’extraits particulièrement savoureuse. De ses débuts dans les années 80 jusqu’à ses derniers premiers rôles, Jean-Pierre Bacri est aussi l’histoire d’un tandem formé avec son éternelle complice Agnès Jaoui. De quoi se rappeler combien l’acteur est à jamais vivant par son cinéma.

Chroniqué par Marin.

Le cinéma dans les yeux

Gros plan sur le regard face caméra
Dans mon panthéon des meilleurs Blow Up, gros plan sur le regard face caméra. Grande leçon de cinéma, cet épisode-fleuve de presque une demi-heure t’en balance plein les yeux. Pas de risque de piquer du nez lors du visionnage tant les montages sont pertinents, piquants, et surtout émouvants. Sans tomber dans l’écueil d’un cours de fac poussiéreux et rébarbatif, Blow Up t’explique, de manière ludique et poétique, les différents ressorts du regard face caméra. C’est un moment rare, un coup d’œil furtif à l’égard du spectateur pour créer un lien, nouer une complicité, pousser au rire et, parfois, interpeller sa responsabilité. Prêt à voir Kim Novak, Timothée Chalamet, Jamel Debouze briser « le quatrième mur » ? Si c’est le cas, tu vas aimer Larry David, dans Whatever Works de Woody Allen, l’éclater en mille morceaux pour s’adresser à toi pendant de longues et hilarantes minutes.

Chroniqué par Camille C.

La Boîte de nuit au cinéma

Danse et drague sous la boule à facettes
Comment réussir à filmer ce lieu obscur et fantasmé qu’est « la boîte de nuit » ? Des jeux de séduction de Basic Instinct, au règlement de comptes de La Haine et autres gâcheurs de fête de Collateral, sans oublier la scène de danse inattendue de Two Lovers : Blow Up dresse un panel quasi-exhaustif des séquences en boîte de nuit. Introduisant comme à son habitude une liste impressionnante de films cités passionnément, Luc Lagier, le cerveau et la voix de Blow Up, dévoile ensuite son top 5 à déguster comme un paquet de Madeleines cinéphiles et mélomanes. De quoi entamer un slow virevoltant aux bras de John Travolta, Joaquin Phoenix et Denis Lavant. Un rêve devenu réalité pour tous les oiseaux de nuit.

Chroniqué par Marin.

C’était quoi Audrey Hepburn ?

L’hommage comme le plus beau des voyages
« Voici notre réponse subjective en 10… petites… madeleines ! » Cette accroche est mon sésame pour entrer dans l’intimité d’un acteur à travers la lorgnette du « cerveau » de Blow Up. Qui d’autre que Luc Lagier, avec son regard décalé, drôle et touchant pouvait évoquer une grande actrice aussi décalée, badine et touchante qu’Audrey Hepburn. Dans cet hommage filmographique, ce dernier orchestre son montage comme un voyage auquel on est convié. Après une halte en Italie avec Vacances Romaines, s’égrènent des films revigorants – Sabrina, Funny Face, Ariane – qui prouvent l’attachement nourri par l’actrice pour Paris. Dans cette petite séquence de Blow Up, on redécouvre une Ville-Lumière chantante et enivrante, où s’épanouissent et s’émancipent tous les personnages interprétés par une Audrey Hepburn habillée en Givenchy. Et tout comme Luc Lagier, je ne me lasse pas de voir déambuler la star de Diamants sur canapé, robe noire entrée dans l’Histoire, lunettes Oliver Goldsmith et imper’ beige au rythme du Moon River d’Henri Mancini.

Chroniqué par Camille C.

Francis Ford Coppola en 10 minutes

Le parrain du Nouvel Hollywood
Totem de mon enfance cinéphile, Francis Ford Coppola se laisse amadouer en 10 minutes pour 60 ans d’une filmographie pléthorique. Il fallait oser, Blow Up l’a fait. De succès au box office en échecs cuisants, le parrain du Nouvel Hollywood est saisi dans ses (très) hauts et ses (vraiment très) bas par l’intermède d’un Luc Lagier au sommet de sa forme, enchaînant rimes contradictoires et bonds dans le temps, porté par sa passion inénarrable pour le chef de famille italo-américain. En 600 secondes qui n’ont jamais semblé aussi courtes, Blow Up nous rappelle que Coppola père ne se résume pas à ses indémodables Parrain et Apocalypse Now, mais est aussi le marqueur d’une époque à jamais révolue, où la liberté et l’audace pouvaient conduire à la ruine comme à la consécration des Oscars.

Chroniqué par Marin.

Alain Delon par Thierry Jousse

Le « Guépard » en musiques
En creusant encore plus l’approche personnelle, qui fait l’ADN de Blow Up, on tombe sur le critique ciné Thierry Jousse, qui ravale toute idée de pudeur pour envoyer des déclarations d’amour aux acteurs qu’il chérit. Cet « effeuillage » de sentiments ne me laisse pas indifférente surtout lorsqu’il est question d’un acteur aussi énigmatique que Delon. Je ne sais pas si je l’aime trop ou pas du tout. En tout cas, l’ambiguïté qui m’anime s’apaise à chaque fois que je regarde ce Blow Up, car Thierry Jousse a trouvé un moyen de me rattacher au « Guépard » en le liant intimement à la musique. Delon est une icône musicale : que ce soit au son d’Ennio Morricone dans Le clan des Siciliens ou de Nino Rota dans Plein soleil et Rocco et ses Frères. Mais le film qui reste dans mon esprit comme dans celui de Thierry Jousse, c’est Mort d’un pourri de Lautner. La merveilleuse association de la musique jazzy de Stan Getz, teintée de mélancolie, avec la voix de velours du magnétique acteur, explique à elle seule pourquoi Delon est Delon.

Chroniqué par Camille C.

Pluies et cinéma

Poétique, humide et sensoriel
Ploc, ploc. C’est par le bruit si rassurant d’une goutte qui rencontre le sol, au départ solitaire et désemparée, puis abondante et accompagnée, que Blow Up ouvre sa capsule sensorielle Pluies et Cinéma. Bijou de montage visuel et sonore, la voix de Luc Lagier s’efface exceptionnellement derrière les manifestations de la nature filmées par les plus grands cinéastes, faisant se croiser la valse entêtante de Shigeru Umebayashi pour la BO de In The Mood for Love avec le visage agité de Josh Hartnett dans Le Dahlia Noir, ou encore le monologue mortuaire de Rutger Hauer dans Blade Runner sur le suicide déchirant du Phantom of the Paradise de Brian de Palma. L’épisode suit l’évolution de la pluie pour mieux s’abandonner à son imprévisibilité : prémisses des nuages noirs, sensation des premières gouttes, emportement de l’orage sourd… Avant le déferlement des sentiments que la force humide semble convoquer.

Voir aussi

Chroniqué par Marin.

Théâtre et Cinéma

Les planches sous le feu des projecteurs
Il est des séquences où il n’est nul besoin de parler. L’équipe derrière Blow Up l’a bien compris. Dans ce recut spécial théâtre et cinéma, la voix off pleine d’humour se tait et laisse place à la beauté d’images, qui s’intercalent, à des visages, qui se rencontrent, se croisent, pour narrer une histoire, celle du théâtre et du cinéma, dans une mise en abîme soignée. Ici tout le talent de Luc Lagier s’exprime par un montage fascinant, dont la tension est amplifiée par un thème musical poignant. Cette belle scénarisation, qui enchevêtre des scènes de films d’époque différentes, raconte la vie de comédiens, étreints par les doutes et les angoisses, savourant leurs succès, les instants de connivence, les regards encourageants. Ces mêmes doutes, angoisses ou bonheurs, qui traversent aussi l’âme des acteurs, sont, tout simplement, le reflet de nos propres émotions.

Chroniqué par Camille C.

La bouche au cinéma

Deux lèvres pour dire « Je t’aime »
La bouche, éternelle invitation à embrasser le septième art. Épisode de Blow Up accessible aux seuls initiés, car mystérieusement passé en lien « non-répertorié » sur YouTube, La bouche au cinéma est partie intégrante d’une série dédiée au corps humain, après les yeux et les mains, entre autres coups d’éclat. Ce petit classique intemporel pourvoie une mise en abîme jouissive, car c’est par cette même bouche que Luc Lagier se fait le narrateur de nos cinéphilies depuis plus de 10 ans. Désirable, muette, bégayante, chantante ou gore, Blow Up donne le premier rôle à ses apparitions diverses sur grand écran, par lesquelles les cinéastes parlent de leurs leitmotivs intimes à défaut de prendre la parole.

Chroniqué par Marin.

150 baisers au cinéma

Pour se donner chaud à la Saint-Valentin
En cette période de Saint-Valentin, on ose ouvrir notre coeur sirupeux pour parler du baiser au cinéma. 150 baisers, je le reconnais, ça peut faire beaucoup et l’écœurement gagne du terrain. Mais ce serait sous-estimer la team de Blow Up, laquelle déploie des trésors d’ingéniosité et de drôlerie pour montrer la foultitude d’endroits où embrasser quelqu’un, avec ou sans la langue, tête à l’endroit ou tête à l’envers. Bref, un véritable inventaire à la Prévert ! Sans oublier le focus sur les baisers empêchés, manqués et décalés.

Ce recut Saint-Valentin est une vraie bouffée d’air frais car il est marrant et jouissif, pas prise de tête et donne envie de (re)voir un sacré lot de films comme Titanic (d’accord, trop prévisible), E.T. lorsque le petit Eliot rejoue maladroitement une scène de L’homme tranquille de John Ford (c’est mieux, non ?), et Diamants sur canapé avec le baiser sous la pluie entre Audrey Hepburn et George Peppard et dont est témoin un gros chat roux. Last but not least – attention spoiler – on aime l’émouvante compilation de baisers dans Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore, comme un recut, avant l’heure, du baiser au cinéma. Ah, j’oubliais, ce Blow Up est à voir jusqu’à la toute dernière seconde !

Chroniqué par Camille C.

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