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L’interview Instagram de Cézaire

L’interview Instagram de Cézaire

DJ, producteur et fondateur de la maison du groove Roche Musique, Cézaire revient sur sa carrière à travers 10 posts de son Instagram. Son nouvel EP, Attraction, est sorti le 6 décembre dernier.

En 2018, consécration pour Cézaire. C’est un coup de fil de Pedro Winter qui témoigne de l’importance prise par le business man aux multiples casquettes, à la tête de la maison Roche Musique depuis 2012. Sa proposition ? Venir jouer sur le perron de l’Élysée pour La Fête de la Musique. La réponse a bien évidemment été oui. Connu pour son éternel sourire, ses pas de danse légendaires et son sens des affaires, Jean Janin alias Cézaire est devenu en un peu moins de dix ans une figure incontournable de la scène électro.

Pour quel fait d’arme au juste ? Avoir permis l’émergence d’un nouveau fleuron de l’électronique français, Roche Musique, où s’épanouissent  FKJ, Kartell, Darius, Zimmer et bien d’autres. Fait rare, le directeur artistique est aussi producteur de musique. Après son premier EP Seize the Day en 2016, Cézaire a doublé la mise le 6 décembre 2019 avec son second maxi Attraction. L’artiste définit en cinq titres les contours soulful et sensuels de son univers avec, notamment, You Came In Time en collaboration avec Phabo et Jordan Lee, The Answer et la voix sucrée d’Ayelle, ou encore Beyonce où il surprend en poussant la chansonnette.

Rencontre avec l’un des monuments de la French Touch 3.0 (si tant soit donné qu’elle existe) pour notre Interview Instagram.

Marin : Hello Cézaire. Voici ton premier post Instagram où l’on te voit enfant. Comment était Cézaire plus jeune ?

Cézaire : J’étais gamin, j’ai indiqué que la photo avait été prise à Copacabana, mais je ne sais plus où j’étais. Ma mère avait commenté : « C’est tout toi, démarche assurée. » Ça n’a pas changé, je sais où je vais.

M. : Tu avais déclaré à Radar en 2018 : « Depuis tout petit déjà, je dansais sur la Macarena. » Comment est-ce que tu te présenterais en dehors de tes qualités de danseur ?

C. : Pour me présenter, je suis DJ, producteur, gérant de label, directeur artistique et business man. J’aime bien danser mais je ne suis pas un professionnel (rires).

M. : Sur ton second post Instagram, on te voit entouré de ta seconde famille Roche Musique. Quels sont les liens qui vous unissent ?

C. : Je bosse avec mes potes, on fait de la musique ensemble, on mange ensemble, on part en vacances ensemble… Je n’ai pas l’impression de bosser. Ce sont que des gens que j’ai rencontré sur mon parcours et que j’ai recruté dans le label. Ils ne se connaissaient pas au départ, alors des amitiés naturelles sont venues ensuite dans le groupe. J’aime faire ça depuis que je suis gamin. J’organisais des soirées chez ma mère où je mélangeais des gens qui venaient de plein d’endroits différents. C’est une colonie de vacances tous les jours.

M. : Troisième post, on voit la pochette de ton premier EP Seize the Day. Comment es-tu passé de gérant de label à producteur de musique ?

C. : J’aime beaucoup cette pochette de l’artiste tourangeau Charley Dupont. C’est une idée que j’avais eu, mais il l’a rendue encore bien plus belle que dans mes rêves. À la base je ne faisais pas de musique, je voulais juste monter un label avec des artistes qui me tenaient à cœur. Je suis mis au final à mixer puis produire. En ce moment je prends des cours de piano et de chant, j’ai envie d’améliorer ce profil de musicien.

M. : Les DJ Sets sont une autre composante de ton profil d’artiste (ndlr, on voit une photo de Cézaire aux platines avec Crayon)…

C. : Sur cette photo, on est à Jakarta avec Crayon. Quand j’étais gamin, je regardais et je rêvais du label Ed Banger et des Daft Punk. J’ai commencé en tant que DJ presque par hasard. J’avais un blog de musique qui marchait bien et on a fait une soirée à la Flèche d’Or. Gros fiasco (rires). J’ai persévéré et me voilà. C’est un gagne-pain et un moyen de voyager, comme une sorte de bonus. Et puis, j’adore être sur scène et faire danser les gens.

M. : Autre photo évocatrice de ton évolution, Pedro Winter t’a invité à l’Elysée pour La Fête de La Musique. Qu’est-ce qu’on ressent dans ce genre de moment ?

C. : C’était une histoire de fou quand Pedro Winter m’a appelé pour La Fête de la Musique… Encore plus pour moi qui suis un fan d’Ed Banger. Il me dit : « Tu es dispo pour la Fête de la Musique ? » Je lui réponds que oui, carrément. Il me dit : « Alors ça va être à l’Elysée. »

 

Ils sont venus me chercher en voiture officielle avec les gyrophares pour traverser Paris. Après, je ne m’arrête pas à ce moment, même s’il a fait parler de lui. C’était un instant spécial où j’ai senti la reconnaissance pas seulement pour moi, mais pour tout ce qu’on avait fait avec Roche Musique. C’était un accomplissement pour le label. Être reconnu comme le fleuron de la musique électronique française, ça fait du bien.

M. : On n’a pas encore parlé de ton autre passion, le basket…

C. : C’est le terrain de Pigalle sur ce post Instagram. Le basket est ma première passion, j’en ai fait plus de vingt ans. C’est aussi la raison pour laquelle je suis arrivé tard dans la musique. En même temps, ça m’a permis d’écouter du hip-hop qui est très lié à ce sport. Je me suis blessé et ça m’a permis de réfléchir où je voulais aller. Je préfère la musique pour la possibilité d’évoluer et de changer, alors que tu es limité dans le basket par ta condition physique. Qu’est-ce que tu fais quand tu as trente ans et que tu pars à la retraite ? J’ai pris plein de préceptes du basket que j’ai appliqué à Roche Musique : l’esprit d’équipe, le dépassement de soi, le travail, la répétition, la créativité…

 

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M. Tu me parles de ton nouveau projet, Attraction ?

C. : Attraction ce n’est pas seulement une question de sensualité mais aussi d’attraper ses rêves. C’est un gros palier pour moi. Il y a beaucoup de références R’n’B, funk et hip-hop. Je comprends mieux ce que je veux faire, même si j’ai envie d’aller davantage vers des musiques club après cet EP. Les deux sont conciliables.

 

C’est un nouvel accomplissement par rapport au premier EP, j’ai mis la barre plus haut. Je me suis mis à chanter, les productions et la pochette sont plus travaillées, je joue aussi dans le clip de The Answer.

 

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M. : Tu ajoutes une nouvelle corde à ton arc en jouant dans le clip ?

C. : Dans la vie, j’ai toujours l’impression d’être en représentation. Ce n’était pas trop difficile pour moi de jouer dedans (rires). Si certains réalisateurs veulent me recruter pour un film, je suis dispo. En vrai, j’adore. C’était un niveau au-dessus avec The Answer car je me suis impliqué dans le scénario. Je vois maintenant le process que c’est, je le referais avec plaisir. Je suis partisan du « il faut essayer » même si ce n’est pas parfait. À partir de maintenant, je vais faire ça tout le temps. J’ai envie d’incarner ma musique.

M. : Ma dernière question est la signature chez Arty Magazine. Quelle est ta définition d’un artiste ?

C. : Quelqu’un qui se lève à 15H, qui fait de la peinture ou du banjo (rires).

M. : Tu te considères comme un artiste ?

C. : Je me considère davantage comme un business man qu’un artiste.

Certains posts Instagram ont été supprimés du profil de Cézaire, et n’apparaissent plus dans l’article.

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