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La Chica part au Mexique sur les traces de son frère dans le clip de « Agua »

La Chica part au Mexique sur les traces de son frère dans le clip de « Agua »

Marquée par la disparition de son frère à l’été 2020, l’artiste franco-vénézuélienne se reconnecte à l’essence de la vie dans le clip d’Agua, tourné à l’Iphone au Mexique.

À Caracas, capitale du Venezuela, un bidon d’eau équivaut à un neuvième du salaire minimum. Le pays d’Amérique Latine connaît une récession profonde depuis maintenant sept ans, contraignant sa population au système D. Originaire du Venezuela par la famille de sa mère, La Chica tisse un lien humaniste et dépouillé avec ses racines en choisissant de tourner son nouveau clip à l’Iphone, loin de la démesure à laquelle peuvent nous habituer certaines productions.

Cette épure filtre aussi dans la musicalité d’Agua, composé au piano-voix pendant le confinement, quand la grande voyageuse s’est retrouvée enfermée chez elle en banlieue parisienne sans les facilités matérielles d’un studio d’enregistrement. Ce retour aux sources marque un changement de cap pour l’artiste qui nous avait habitués aux productions luxuriantes de son album Cambio (2019). C’est aussi le sceau d’une introspection causée par la disparition dramatique de son frère Pablo au Mexique en juillet 2020, à la fois pair créatif et âme sœur : « C’est comme si j’étais dans un état de conscience suprême, forcée de revenir à l’essentiel » confie-t-elle dans un entretien accordé à Numéro.

« C’est un clip qui se veut simple et contemplatif, dans lequel je ne suis plus dans le contrôle, je me laisse guider et j’essaie d’être en harmonie avec ce qui m’entoure. » nous confie La Chica

Un rituel de purification par l’eau

Le 4 décembre 2020, Sophie Fustec (alias La Chica) est transfigurée avec son nouvel EP La Loba. Littéralement, « la louve ». Parmi les sept titres, le chant rituel d’Agua marque les esprits par son apaisement cristallin, avant le rugissement du titre éponyme qui lui succède sur la tracklist. Elle s’adresse à la rivière pour qu’elle emporte ses peines et ses angoisses : « S’intéresser aux éléments de la nature est très récurrent dans le folklore latino-américain. Je me suis inspirée de ma culture, des rituels indigènes du Venezuela, pour créer mes propres chants de rituel. » explique t-elle au micro de Tsugi. Le chamanisme moderne de La Chica peut alors prendre son envol.

Pour la réalisation du clip d’Agua, l’artiste s’est entourée de son ami et sculpteur Pablo Cobo, moitié du duo Mascaras de Alambre. On la voit fouler un sol craquelé par la sécheresse, avant d’atteindre l’eau où elle se régénère dans la tradition des rituels de nettoyage mexicains. Son contact avec les flots calmes provoque le jaillissement de couleurs psychédéliques au milieu du noir et blanc épuré de la réalisation, tandis que son grand voile blanc ouvert aux vents nous fait penser à la Danse Serpentine de Loïe Fuller. Une invitation sensorielle à la paix intérieure.

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