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EXCLU : « Nos yeux », le voyage de KOMOREBI à dos de bestiole pailletée

EXCLU : « Nos yeux », le voyage de KOMOREBI à dos de bestiole pailletée

Originaires de Besançon, Claire Passard et Clara Perles de KOMOREBI nous entraînent dans la déambulation libre et poétique de Nos Yeux.

Besançon, sa citadelle veillant au grain, sa cathédrale et son horloge astronomique, sa cancoillotte pour les ventres sur pattes… Dans un tout autre registre, il faudra désormais compter sur KOMOREBI pour placer la capitale de la Bourgogne sur la carte de la poésie contemporaine.

Claire et Clara arpentent depuis plusieurs années les scènes françaises pour faire ruisseler leur poésie : les iNOUïS du Printemps de Bourges en 2019, le dispositif Variations de FGO-Barbara et l’Opération Iceberg des Eurockéennes. Si on ne sait toujours pas où les festivals vont dégotter leurs noms de tremplins, la destination des deux complices est bien identifiée. Après 3 ans sur les routes, c’est dans un contexte d’extinction temporaire de la musique live qu’elles répondent avec l’annonce de leur premier EP studio. Leur single Nos Yeux en est l’avant-goût généreux.

Claire et Clara, du latin « clara », les deux filles aux prénoms lumières © Alexandre Mellak

Tout japonophile n’est pas sans savoir ce que signifie « Komorebi ». Pour ceux qui ont fait LV2 allemand comme nous, komorebi, c’est cette image de la lumière du soleil qui filtre à travers les feuillages des arbres. Le nom de scène de Claire et Clara prend sens avec Nos Yeux, à la fois deux organes essentiels à l’humain pour s’émerveiller, et titre de leur single que l’on dévore en avant-première. Leurs mots s’y balancent au gré des émotions, tout en résonnances mélodiques, rythmés par le flot ininterrompu des synthés. Cette jolie conception de l’électro-pop nous intrigue et nous attrape dans son rayon lumineux.

Si leur texte capture les éclats littéraires de Paul Eluard, Alain Damasio ou encore Flavien Berger, difficile de situer les références visuelles de leur clip en roue libre. Éloge contemplatif de la lenteur, la capsule poétique de Nos Yeux nous entraîne entre les tours d’une cité de Besançon, loin de la carte postale décalée que l’on présentait en introduction. Sur un tas de gravier, dans les rues bétonnées et jusqu’au parvis d’un immeuble, KOMOREBI fait vibrer sa poésie multicolore que rien ne saurait arrêter, pas même le goudron froid et quotidien de la Bourgogne.

Leur premier EP ICI, co-réalisé avec Timsters, est prévu pour le mois d’avril 2021. Cet EP raconte une histoire puissante, un chemin semé d’émotions à traverser pour se transformer. Nos Yeux en est le premier chapitre qui devrait s’étendre à 5 chansons pour raconter une épopée moderne.

La danse des mots sur les toits de Besançon © Alexandre Mellak
Marin : Salut toutes les deux. Pouvez-vous me décrire ce qui vous entoure, êtes-vous à Besançon ou au Japon ?

KOMOREBI : Salut Marin ! On est à Besançon et à Paris, donc ce qui nous entoure actuellement c’est l’une et l’autre dans nos écrans respectifs, comme tous les jours pour être ensemble mais à distance. Il y a le soleil aussi ! Mais en s’appelant KOMOREBI, on est toujours un peu au Japon.

M. : Vous avez tourné pendant 3 ans avant de sortir votre premier EP. Pourquoi avoir autant attendu ?

K. : KOMOREBI a commencé comme un projet uniquement de scène. Le live, c’est un espace qui permet de remodeler les morceaux sans cesse, de les travailler comme de la matière souple. Ces 3 ans de scène nous ont permis de faire évoluer notre répertoire en même temps que nous apprenions à nous connaître musicalement et humainement. On se connaissait depuis peu quand le projet a commencé.

 

Prendre ce temps-là, c’est ce qui nous a permis de trouver aujourd’hui la couleur de notre musique et le propos qu’on voulait défendre et figer sur un EP. Ce n’est pas évident d’accepter de donner une forme définitive à des morceaux. On est aussi entourées de gens qui nous font confiance et qui nous ont laissé la liberté d’attendre de vouloir sortir nos morceaux. Aujourd’hui, on est parfaitement convaincues et fières de cet EP donc on est très contentes d’avoir attendu.

M. : La poésie libre de « Nos Yeux » nous a entraînés hors des sentiers battus. Quelle émotion souhaitez-vous faire passer ?

K. : Déjà, merci beaucoup de vous être laissé.e.s porter hors des sentiers battus ! De manière générale sur cet EP, on veut défendre le fait d’accepter les émotions, que ce sont elles qui nous font grandir, nous guident, et nous informent sur qui l’on est. Ça nous fait très plaisir que vous parliez de poésie aussi. Ce mot est important pour nous. La poésie peut facilement faire détourner le regard. Elle chatouille, bouscule, fait peur. Mais la beauté et la douceur sont des armes de résistance pour nous. La poésie peut être un remède contre l’obscurité. En tout cas, c’est le nôtre.

 

Nos Yeux est le premier chapitre de cette épopée à travers les émotions, on l’a composé comme un manifeste, c’est l’essence de notre vision commune. On voulait parler d’attraction, de contemplation, d’émerveillement, de regards qui agrippent le monde extérieur et nourrissent notre monde intérieur. En gros, le message c’est : prendre le temps, ouvrir les yeux, ressentir.

M. : Vous en avez réalisé le clip. D’où est venue l’idée de cette bestiole pailletée ? Que représente-t-elle ?

K. : Bestiole pailletée, excellent ! C’est une veste que l’on a fabriquée, une nouvelle peau, qui symbolise et cristallise le bout du chemin que l’on emprunte en écoutant l’EP. Car le but de se laisser porter et traverser par les émotions, c’est d’en sortir changé.e.s. Et il nous semblait intéressant de représenter le changement par une mue, un nouvel habit qui soit unique et évocateur. Dans le clip, elle existe déjà par elle-même, nous la trouvons, la mettons et l’emmenons quelque part où elle pourra vivre d’autres choses et peut-être servir à un.e autre… (vous saurez apprécier notre sens du teasing).

KOMOREBI est sur Instagram.

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