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Entre musique, danse et cinéma, Awir Leon signe la BO du court-métrage « Dadu »

Entre musique, danse et cinéma, Awir Leon signe la BO du court-métrage « Dadu »

Le producteur électro Awir Leon s’associe à la compagnie de danse Jacob Jonas pour le court-métrage Dadu. Et c’est virtuose.

Annoncé en première partie de la future tournée de Woodkid, danseur professionnel et compositeur pour les chorégraphes Emanuel Gat et Amala Dianor, Awir Leon n’a de cesse de fusionner l’énergie des corps avec celle du beat. Après nous avoir estomaqué avec la BO de Sunny, la création d’Emanuel Gat présentée en 2018 à la Philharmonie de Paris, le musicien s’associe cette fois à la compagnie de danse californienne Jacob Jonas pour le court-métrage expérimental Dadu.

Place à une exploration du terrain de la localité de Spaarnwoude aux Pays-Bas. Quatre danseurs font corps avec l’environnement tantôt verdoyant, rocheux ou bétonné de la plaine hollandaise. Le film, tourné en caméra Super 16 par Ian Robinson, sonde les relations et l’espace entre chaque performeur, à la recherche du sens dans l’abstrait. Ces préoccupations très contemporaines en période de distanciation sociale sont intégrées dans la bande-son d’Awir Leon, scindée en deux morceaux : l’énergie cathartique d’un banger électronique et la douceur épurée d’une ballade en guitare-voix.

De gauche à droite, les danseurs Mikaela Kelly, Jesse Callaert, Kele Roberson, Annika Lisa Verplancke

15 films de danse à travers le monde

Dadu s’intègre dans une série de films de danse parmi la plus ambitieuse jamais proposée. Pour contrer la pénurie créative en pleine crise sanitaire mondiale, la compagnie de danse Jacob Jonas a lancé l’initiative Films.Dance de part et d’autre de la planète. Résultat des courses : 15 courts métrages avec 150 artistes dans 52 villes et 25 pays tournés pendant la pandémie de Covid-19.

En partenariat avec Somewhere Magazine, la diversité du paysage de la danse contemporaine se dessine : le ballet métropolitain de Toke réalisé à Londres par NONO et chorégraphié par Stuart Shugg, l’expression fraternelle de Katuna tournée au Nigeria par Ridwan Adeniyi et Jacob Jonas sur une chorégraphie de Vinson Fraley, ou encore la saudade distanciée de Passaro Distante par Gabriela Mo sur une chorégraphie de Cassi Abranches. La tutelle créative de la compagnie permet les expressions pour se reconnecter par le mouvement.

On est allé prendre des nouvelles de François Przybylski alias Awir Leon, au croisement des univers de la danse et de la musique.

Dadu est intégré dans l’initiative mondiale Films.Dance : 15 courts métrages avec 150 artistes tournés dans 52 villes et 25 pays
Marin : Salut François (Awir Leon) ! Que fais-tu en ce moment, peux-tu me décrire ce qui t’entoure ?

François Przybylski (Awir Leon) : Je fais un peu comme tout le monde je pense, j’essaie de rester constructif et de créer de bons moments au milieu de ce contexte. J’écris beaucoup de musique, je danse aussi. Cette semaine, j’ai eu la chance de travailler sur la bande-son d’une nouvelle pièce de danse avec la compagnie d’Amala Dianor. Je me sens privilégié, les projets artistiques sont rares !

M. : Je te connaissais pour tes créations pour Emanuel Gat. Quel lien entretiens-tu à la danse ?

F.P. : Mon lien avec la danse est très fort. Je danse toujours, ce n’est plus mon métier mais je danse toujours autant, et je continue à créer des bandes sons pour beaucoup de créations en danse, ou des films de danse comme Dadu. Je kiffe ça, c’est une expression de ma musique que les gens ne connaissent pas trop, mais qui est en fait une grosse partie de ce que je crée.

M. : Quelle était ton envie avec la bande-son de Dadu qui est à la fois pop, électro et folk ?

F.P. : L’envie était de jouer sur deux lectures, de réussir à prendre les mêmes images, mais qu’à travers la musique on puisse les voir différemment. C’est ce que j’aime dans la création de bande-son, je viens mettre le filtre que je veux sur une situation donnée. Sur Dadu, j’ai d’abord voulu exacerber l’urgence, la jeunesse des danseurs, mais aussi un côté nerveux, où quelque chose veut sortir. Je passe ensuite sur un lâcher prise, un truc plus contemplatif, presque fatigué. Je pense qu’on est tous passé par ces deux états plusieurs fois dans la même journée récemment (rires).

M. : Après cette superbe BO, qu’est-on en droit d’attendre pour la suite ?

F.P. : J’ai beaucoup de nouveaux morceaux entre les mains, donc j’aimerais commencer à les sortir doucement. J’attends aussi avec impatience le début de la tournée avec Woodkid quand les concerts reprendront !

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