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Entretien : Pépite, la pop française à son zénith

Entretien : Pépite, la pop française à son zénith

Membres de l’écurie Microqlima, Édouard Perrin et Thomas Darmon de Pépite ont marqué les esprits avec Les Bateaux (2016) et Renaissance (2017). Aujourd’hui, le duo franchit le cap du premier album, Virages, entre vagues de synthés et ballades romantiques. On est parti à leur rencontre.

Pépite n’est pas né de la dernière pluie. Influencé par Michel et Flavien Berger, le duo alpague l’ancienne et la nouvelle génération dans des textes aux sentiments exacerbés. Sur la compilation Souvenirs d’été de Deezer, les compères ont créé une faille temporeille avec leur reprise de Capri c’est fini, remettant Hervé Vilard au goût du jour dans toute sa superbe. Une superbe dont plusieurs salles de concert ne se remettent toujours pas, que ce soit en première partie de Parcels à l’Olympia, comme pour leur release party à guichet fermé à la Gaîté Lyrique.

Associant les expérimentations musicales à d’autres visuelles, le duo développe une esthétique psychédélique menée de main de maître par Baptiste Perrin, le frère d’Edouard. Une affaire de famille qui se décline à travers les clips et les pochettes, faisant de Pépite un duo à l’image, et un trio avec elle. En choisissant de les confronter à notre Interview Instagram, Pépite est revenu à travers ses visuels sur une carrière à jamais gravée dans l’Insta’marbre.

Marin : Salut Pépite ! Sur la légende de votre premier post, on peut lire : « Bonjour, bonjour, nous sommes Pépite »…

Thomas : Bonjour Marin ! Bah tu vois, on est deux gars au Bois de Clamart, c’est à côté de chez nous.

 

Édouard : Il nous fallait des photos de presse, on est parti avec mon frère Baptiste (ndlr : Perrin) au bord du lac. C’est quelque chose qui nous définit : le chill, la détente, le spontané… Le plus drôle, c’est que mon frère s’occupe toujours des visuels, des pochettes, des clips.

 

Thomas : À l’époque on avait sorti 3 morceaux, on ne savait pas encore s’il fallait se montrer. C’était une sorte de teasing.

Marin : Votre compte Instagram est très porté sur les bateaux, les lacs, la mer…

Édouard : Aaaah ! Mais c’était sur le Lac de Garde, en Italie.

 

Thomas : On était allé en bagnole en Croatie avec les potos. C’était le voyage pré-Pépite.

Marin : Je ne vois pas trop de minéraux, d’où vient votre nom d’artiste ?

Thomas : C’est vrai. Remarque tu peux trouver des petites pépites sous l’eau… Enfin des perles (rires). Ce qu’on dit souvent, c’est qu’un gars en soirée a dit « Pépite » derrière nous. On s’est dit que c’était un nom cool et on l’a gardé.

 

Édouard : Histoire vraie. C’est aussi une expression qu’on utilise souvent : « Cette photo est bien pépite » (rires).

M. Comme le suggère cette photo, nous allons parler studio et composition. J’imagine que le décisionnel de votre chienne Jane est important ?

E. : C’est Jane qui fait tout le travail, là elle me dit : « Hmmm, peut faire mieux, tu devrais essayer ce synthé derrière. »

 

T. : Jane c’est notre quotidien, elle est tout le temps avec nous. Sinon pour parler vraiment de création, j’écris les paroles chez moi, je fais le piano-voix dans le studio d’Eddy, et après il fait les arrangements.

 

E. : Il me laisse quelques jours dans mon petit laboratoire, on s’envoie des trucs. C’est une partie de ping-pong.

M. Vous avez joué une de vos premières dates au Café de la Presse. Un souvenir marquant ?

E. : C’était un 21 avril ! Et le début d’une histoire d’amour pour notre bassiste.

 

T. : Même si c’était l’un des premiers concerts qu’on le faisait, on sentait que ça commençait à monter. Il y avait de l’effervescence.

M. Autre souvenir de concert avec Microqlima au Jardin de Villemin. Ce label, c’est aussi une famille ?

T. : On avait fait un concert avec beaucoup d’impro’, à trois avec Clément (ndlr, Legall) à la trompette.

 

E. : On adore jouer avec lui, il est présent sur le second EP.

 

T. : Microqlima c’est une petite famille, on est très potes avec l’Impératrice que l’on a suivi en tournée.

M. Baptiste Perrin, ton frère Edouard, s’occupe de tous les visuels du groupe. Ce n’est pas trop difficile de mêler l’artistique au familial ?

E. : C’est une vraie collaboration. Baptiste s’imprègne des chansons, il note des mots-clefs et cherche le lien entre les morceaux. Il en fait ressortir ce qui est important pour lui. On voulait faire un clip pour Dernier Voyage et on n’a jamais trouvé ce que l’on cherchait. Finalement, il a suffi d’un plan de plage blindée pour que Baptiste peigne le clip des Bateaux. On en a pris un bout, et c’était la pochette du premier EP. Pour le second EP, on voulait retrouver cette idée de jungle.

 

T. : Les deux pochettes partagent la même ligne d’horizon : si on met les vinyles côte à côte, ça crée un paysage.

M. Au rayon des grosses collaborations, vous êtes apparus sur la compilation Souvenirs d’été de Deezer. Ce n’était pas trop déconcertant de reprendre Hervé Vilard ?

T. : J’aime bien cette chanson, c’est Deezer qui nous l’a proposé. C’est vrai qu’elle sonne très Pépite.

 

E. : J’avais ce souvenir d’un refrain qui prend la tête, mais je me suis rendu compte que je ne l’avais jamais vraiment écoutée. Les couplets sont oufs.

 

T. : Le texte est assez imparfait mais il dénote d’une urgence. On avait lu qu’il l’avait écrite dans le métro. Au premier degré, c’est une vraie belle chanson française d’amour.

 

E. : On a complètement découvert Hervé Vilard.

M. On vous voit détendus et souriants sur cette photo. Votre définition d’un artiste c’est quelqu’un de relax, à l’écoute de son public ?

E. : J’ai un peu de mal avec ce terme d’artiste. C’est juste interpréter la vie avec une vision un peu plus surréaliste.

 

T. : Être artiste, c’est maîtriser les images.

Virages est disponible sur Spotify.

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