fbpx
En cours de lecture
On t’emmène dans les coulisses des iNOUïS du Printemps de Bourges

On t’emmène dans les coulisses des iNOUïS du Printemps de Bourges

Marin Woisard

Le dispositif national pour les artistes émergents des iNOUïS du Printemps de Bourges organisait sa finale francilienne au FGO Barbara la semaine du 5 mars. Focus sur les talents qui feront demain.

Tout en vitres et en ouverture sur le quartier de la Goutte d’Or, le FGO Barbara nous ouvre ses portes ce vendredi 5 mars. Dans ses entrailles, talents en herbe et joyaux bruts se produisent à l’occasion de la finale régionale des iNOUïS du Printemps de Bourges, des auditions qui emmèneront les plus chanceux d’entre eux sur la route de Bourges, pour la 45ème édition du festival organisée du 4 au 9 mai prochain. L’enjeu est de taille.

Les auditions se tiennent en huit-clos face à un jury de professionnels assis et masqué. Les artistes sont quant à eux bien debout et visibles : personne n’aura raison de la musique live, pourrait-on presque entendre sur le flow adextre d’Achile, la chanson habitée d’UssaR ou le déferlement punk de Moïse Turizer. Les bêtes de scène succèdent à des prestations plus intimes de Clara Ysé, aux fulgurances rappées de M Le Maudit et à l’électro activiste de Vikken. Tous unis en compétition pour la même cause : faire entendre leur voix.

132 artistes présélectionnés pour les auditions régionales : à vos micros chevaliers de la scène !

Achile, tout en talons bondissants

Achile, le petit protégé d’Oxmo Puccino, ouvre les hostilités en faisant valser les mots. Signe des temps, c’est sa première scène pour un projet dévoilé au cours du premier confinement : « J’ai fait deux jours de résidence avant le live, parce que scéniquement je n’avais rien. J’avais fait des lives enregistrés et diffusés en ligne, mais je ne connaissais pas le public. J’ai vite kiffé » nous raconte t-il dans le lobby du FGO Barbara, à la sortie de son live punchy comme un crochet littéraire dans nos oreilles « Ce qui est ouf, c’est que je ne sais pas ce qu’est un public debout. J’ai donné le maximum. »

Alternant piano-voix et banger générationnel, le garçon au flow d’or nous attrape avec une aisance déconcertante pour sa première scène : « Maintenant faut que je me mette au sport. La fin du concert était vraiment dure physiquement. » Un jogging, c’est la meilleure des excuses pour échapper au confinement. La suite s’annonce sportive avec son premier album prévu dans le courant de l’année chez Sony RCA.

Coup de cœur pour Clara Ysé, ici dans sa loge © Anoussa Chea

Clara Ysé, poésie et violon

On file ensuite dans les loges à la rencontre de Clara Ysé, qui se remet à peine des sensations du retour sur scène : « Ça fait tellement longtemps qu’on n’a pas fait de concerts que la dose d’adrénaline était hyper forte. Avoir des gens devant nous, même masqués, c’est magnifique. » La lauréate du dispositif Varation(s) du FGO Barbara embrasse le nouveau rivage de la musique live avec émotion, comme ses chansons au lyrisme poignant nous ont emportés bien loin de Paris : « C’était le premier concert que l’on faisait à quatre, c’était particulier de monter tout un set pendant aussi longtemps sans faire de crash test. » Haut les cœurs, l’essai a été validé haut la main.

Pour présenter les iNOUïS à un jeune artiste qui ne connaîtrait pas le dispositif du Printemps de Bourges, Clara a des mots aussi justes que la poésie de ses textes : « Je dirais qu’il y a plein de portes pour aller au bout des désirs que l’on a dans la musique. C’en est une qui permet d’aller un peu plus vite. C’est chouette de la prendre. » La fée des mots transforme chacune de ses réponses en proposition onirique. On ne se lâchera plus, Clara. Mais en attendant on doit se séparer, car vite, UssaR nous attend à l’autre bout du FGO Barbara.

On ne dirait pas qu’UssaR sort tout juste de scène, tranquille et beau comme un prince © Anoussa Chea

UssaR, la passion de la scène

On gravit les marches quatre par quatre pour arriver au second étage, dans les studios de répétition du FGO Barbara. UssaR et son équipe débriefent une bière à la main de son live. On se fait tout petit pour profiter de cet instant privilégié où l’on parle de l’équilibrage de la production par rapport à la voix. Tout est précis et passionné. Le soldat de la scène se tourne vers nous. L’œil frise quand on lui parle de live : « Aujourd’hui en live, on peut faire énormément de choses. Faut pas s’y perdre et conserver ton fil directeur, mais les possibilités sont vraiment très très grandes en terme de production scénique. »

L’artiste nous parle de la suite : « On ressort une version live avec un quintet à cordes et piano pour les KMA sessions. J’ai réorchestré mes morceaux, c’est ça la musique, s’amuser. » Sous l’apparence ludique, sa performance maximale où les subs nous ont transi, au point de ne presque plus reconnaître son titre La Violence que l’on entendait pour la première fois sur scène, est un véritable exercice de précision où chaque réalisation est savamment pensée. La claque était totale.

Rita Sa Rego sur la terrasse du FGO Barbara © Anoussa Chea

Rita Sa Rego, tête pensante des iNOUïS

Dernier rendez-vous de la journée avec la directrice du Réseau du Printemps de Bourges, Rita Sa Rego. On s’était rencontré en 2020 dans le contexte déjà particulier de l’annulation de la précédente édition du festival, et le maintien contre vents et marées du dispositif des iNOUïS : « C’est vrai qu’à l’annonce de l’annulation du festival, on s’est demandé ce qu’on allait faire. J’avais l’envie quoiqu’il arrive de mettre sur scène cette sélection 2020. Ça a été une grande satisfaction pour toutes les équipes de voir l’événement se mettre sur pied en septembre. » Un vrai appel d’air pour la scène des musiques actuelles.

L’édition 2021 prend place dans une situation toujours aussi incertaine, mais le calendrier est ponctué de rencontres entre professionnels et gouvernement qui gonflent les équipes d’espoir : « On continuer de travailler pour que l’édition 2021 du Printemps de Bourges ait lieu du 4 au 9 mai 2021. Pour nous, c’est important de continuer notre processus. » Les auditions régionales se sont terminées le samedi 5 mars et la sélection finale sera annoncée à la fin du mois. Du FGO à Bourges, on croise les doigts pour que le cap puisse être maintenu jusqu’en mai. On se revoit victorieux et soulagés dans un mois et demi ?

© 2021 Arty Magazine. Tous droits réservés.

Retourner au sommet