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Qui sont Entropie, les garçons qui prennent la relève de Two Door Cinema Club ?

Qui sont Entropie, les garçons qui prennent la relève de Two Door Cinema Club ?

Marin Woisard

Et si la descendance des nord-irlandais les plus cools au monde venait tout droit de banlieue parisienne ? Entropie écrit la promesse d’un rebond pop-rock avec son single Teenager Summertime.

La fraîcheur de l’adolescence et l’admiration des bons vieux tauliers. Voilà comment résumer la recette magique d’Entropie, quatre garçons venus de banlieue parisienne qui ont grandi entre les vinyles des Arctic Monkeys et The Strokes. Mais c’est plutôt du côté de Dublin que la filiation semble évidente, tant l’énergie des TDCC émaille leur indie rock bordée d’une souplesse anglo-saxonne.

La pop française est à la mode, dans les bacs et sur les streams, saupoudrée de funk ou assaisonnée d’urbain. Adam, Bertrand, Loan et Valentin n’en ont pas grand chose à faire. En 2019, ils posaient des bases sémillantes avec The Deputy, leur premier single aux riffs de guitare gratinés, batterie corsée et textes anglicisants. Depuis, ils ont tracé leur voie dans tout ce que Paris a de rock : quelques festivals en banlieue et les rites initiatiques du Supersonic et du Bus Palladium. À la faveur de leur nouveau single Teenager Summertime, les quatre amis d’enfance laissent leurs culottes courtes pour abreuver 2021 de leurs rêves adolescents.

Les quatre garçons d’Entropie dans le clip de Teenager Summertime, de gauche à droite : Adam, Valentin, Bertrand et Loan

Mais tout n’est pas aussi rose que le titre de leur clip. Réunir le budget de Teenager Summertime n’a pas été une mince affaire puisqu’il n’aurait pas pu se faire sans le soutien de plusieurs donateurs sur Ulule, la plateforme française de financement participatif, où le groupe a finalement réuni près du double de la somme visée. La Sacem y est même allée de son chèque. Sans l’émulation collective du web, pas de renouveau indie rock. Grand bien a pris les mécènes d’un jour de casser leur tirelire : cette ode bubble gum à nos souvenirs de lycée est une bulle hors du temps, sautillante, colorée et communicative.

Réalisé par El-Hadji Kalidou, le clip s’ouvre sur une série de témoignages naïfs et touchants d’adolescents, abordant tour à tour le regard des autres, l’amour et la rébellion. Tournée dans les décors d’un château symbolisant leur intériorité, l’intro s’efface sur des riffs de guitare pour prendre le grand air dans une effusion de danse désordonnée et instinctive. On y reconnaît les visages de Gabriel Caballero (L’Exode de Jumo) et Lola Cahen (la fille de Zazie), mais aussi de Mattéo Masson, Laura Coduti, Eliane Diop et Théo Treil, membres du collectif Electro Street.

Si Xavier Dolan et The Blaze étaient cités un peu innocemment sur le moodboard de la campagne participative, le clip présente une envie filmique indéniable, toquant à la porte de Gregg Araki période 1990, avec un zeste de comédie musicale à la Catastrophe.

Le fin mot de l’histoire ? « Quelque chose de bon peut bien fonctionner » diraient nos amis de Two Door Cinema Club (Something Good Can Work dans sa version originale). Rendez-vous en mai pour le premier EP d’Entropie.

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