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Entretien Jour & Nuit de Béesau dans les loges de la Maroquinerie

Entretien Jour & Nuit de Béesau dans les loges de la Maroquinerie

Plus de six mois après son passage au New Morning, l’artiste touche-à-tout trompettiste, producteur et beatmaker, Béesau, clôt son doublon parisien ce lundi 17 octobre à la Maroquinerie. Dans les loges de cette salle incontournable, entouré de ses musiques et amis, il nous raconte sa vision du live et de la scène parisienne quelques minutes avant son concert et à son retour en loge.

Zoé : Comment se sent-on avant un concert à la Maroquinerie ?

Rémy : Un peu stressé, je suis toujours un peu stressé.

Z. : C’est une date importante aujourd’hui pour toi ?

R. : Oui, c’est une date importante dans le sens où c’est une double date parisienne qu’on clôt après être passé au New Morning il y a quelques mois. Comme on me considère comme trompettiste jazz, c’est important de faire la Maroquinerie pour passer au stade supérieur dans la musique actuelle (le New Morning est considéré comme une salle jazz, ndlr). Le New Morning reste ma salle préférée, mais réussir la date à la Maroquinerie montre qu’on peut jouer n’importe où.

Z. : As-tu des petits rituels pour te détendre avant de monter sur scène ?

R. : Je ne sais pas si je me détends vraiment (rires). Ce soir, mon rituel va être de mettre plein de baume Nivea parce que j’ai les lèvres explosées par les répétitions passées. Mais sinon, en échauffement, je joue la BO de Gladiator, le thème principal de Hans Zimmer. Le problème, c’est que si je le joue bien, je me dis que ça va. Mais si je le joue mal, panique assurée !

Z. : Sur tes derniers albums, Coco Charnelle 1 & 2, il y a pas mal de featurings. Va-t-on avoir le droit à des invités ce soir ?

R. : Oui, mais ce soir, on n’a pas tout le monde. J’ai dû faire un choix plutôt stratégique. Je joue dans deux jours à Bruxelles, donc les Bruxellois seront à Bruxelles et les Parisiens à Paris. Ce soir, on aura Ever Mihigo et Jewel Usain, et une autre petite surprise : Prince Lao qui jouera au sein même du groupe. En première partie, c’est Artÿ, un artiste qui n’a rien encore sorti ! Prince Lao et moi, on produit ses projets et on attendait cette date pour annoncer la sortie d’un projet commun dans une semaine.

Z. : Vas-tu tester des idées ou des nouveaux morceaux ce soir ?

R. : Ce soir, je tente un gros truc (rires) ! Je vais faire une reprise du morceau Spacer de Sheila. C’est un morceau de disco que j’adore, qui a été écrit et composé par Neil Rodgers. Pour la Maroquinerie, on le joue dans une version totalement différente de l’original, c’est une première.

Ce que l’on peut assurément dire avec le concert de Béesau, c’est que le show est haut en couleur, en termes de morceaux, de sonorités et d’invités. À peine descendu de la scène, nous voilà de nouveau dans la loge de Béesau avec l’artiste, qui nous raconte son expérience à chaud de la Maroquinerie. Tous ceux qui ont participé au live passent dans le couloir, devant la loge, pressés de célébrer la prestation. L’ambiance est chaleureuse.

Z. : Alors, comment tu te sens après ce concert ?

R. : Bizarrement, je suis plein d’énergie. Je kiffe à fond, c’était trop cool. Je suis content, je n’ai pas mal aux lèvres, j’ai bien géré (rires). J’ai plutôt l’impression que les gens ont kiffé aussi, il y avait pas mal de monde.

Z. : C’était comparable au New Morning ?

R. : Ah non, c’était pas pareil. Le New Morning reste vraiment ma salle de cœur. Mais c’était vraiment bien, la présence du public sur les estrades m’a fait sentir comme englobé par les gens. Bon, en vrai, c’est sans doute un peu comparable.

Z. : Il y avait beaucoup de tes amis dans la salle. Ça t’a fait plaisir ou c’était une source de stress en plus pour toi ?

R. : Je suis trop content que mes proches soient venus parce qu’avant, quand je faisais vraiment du jazz acoustique, personne ne venait à mes concerts. Ça me frustrait que personne n’écoute cette musique. J’avais vraiment envie de faire des morceaux que mes potes puissent aimer écouter en live.

Z. : Es-tu satisfait de ta reprise de Sheila ?

R. : Oui ! Je suis trop content que des gens aient chanté. Et puis on en a fait un morceau de jazz, c’était l’objectif.

Béesau sur scène, jamais sans sa trompette.
Z. : Vous étiez super émouvant avec Artÿ quand il est venu sur scène. Est-ce qu’il te suit aussi pendant tes dates en Belgique?

R. : Oui, il vient aussi en Belgique. Il fait toutes les premières parties et c’est un kiff à chaque fois. J’ai l’impression qu’il fait l’unanimité partout où il passe donc c’est assez fou.

Z. : Tu as dit qu’Artÿ était le plus jeune de la salle. Il a quel âge en fait ?

R. : Il a 23 ans, il n’est plus si jeune que ça en fait (rires). Mais j’ai vraiment l’impression qu’il a 18 ans. Bon on dira qu’il a 16 ans maintenant (rires) !

Z. : C’est quoi ton premier réflexe en sortant de scène ?

R. : Ce soir, c’est ma chérie qui m’a fait un câlin. Juste après, mon réflexe est justement de faire des câlins à tout le monde.

Z. : C’est quoi ton programme pour la fin de soirée ?

R. : Là, je vais d’abord aller signer mes vinyles. Ensuite, on verra. Mais très franchement, les soirées après le concert, c’est souvent un peu nul. À chaque fois, on a trop de matos, on est là comme des cons, parfois sous la pluie, et on ne sait pas où aller (rires). Mais ce soir, on va quand même essayer d’aller boire quelques verres.

Z. : Un petit mot pour ton public ?

R. : Merci beaucoup ! À chaque fois, je ne m’attends pas du tout à ce qu’il y ait autant de monde. J’ai encore cette peur qu’il n’y ait personne. En plus, le fait de voir que les gens connaissent mes morceaux me fait trop plaisir. Donc un grand merci et plein d’amour à tout le monde.

Écouter Coco Charnelle Pt. 1 de Béesau sur Spotify.

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