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5 albums à ne pas louper cette semaine : Ricky Hollywood, Dopamoon, Pablo Nouvelle…

5 albums à ne pas louper cette semaine : Ricky Hollywood, Dopamoon, Pablo Nouvelle…

Quand ce n’est pas l’événementiel, c’est au tour de l’actualité musicale de faire grise mine : streams en berne et décalages d’albums à tout va. On ne se laisse pas abattre en regroupant quinze jours de sorties dans un top albums. Fidèles au poste, Ricky Hollywood, Dopamoon, Pablo Nouvelle, Alexandrie et Charles Murdoch pondent cinq chefs d’oeuvre. Il n’y a pas que la poule de Pâques pour nous faire kiffer.

Ricky Hollywood – Le sens du sens (LP)
Notre morceau préféré : « Single »

Ricky a la classe hollywoodienne, et pas qu’un peu. Entre fausse naïveté, autodérision et mélodies entêtantes, le garçon a su établir son pré carré malgré la présence du mastodonte Philippe Katerine. En écoutant son duo avec Juliette Armanet intitulé Single (oui, il a osé), impossible de ne pas penser à l’iconique chanson Mon Mec avec Alka Balbir. Mais au jeu des comparaisons, Ricky gagne haut la main. Déjà, parce que son prénom à consonance américaine dépasse largement un « Philippe ». Et parce que, blague à part, sa musicalité l’emporte toujours sur la distanciation ironique. Alors que son concurrent dégarni a souvent tendance à privilégier la franche rigolade, Ricky Hollywood peut s’écouter en boucle sans une pointe de lassitude, s’affichant comme batteur pour de nombreux groupes (Juliette Armanet, La Féline, Melody’s Echo Chamber, Halo Maud) plutôt que fanfaron dans les salles obscures. Alors oui, c’est moins vendeur qu’un comique grand public. Mais les indés cools nous ont toujours plus fait de l’œil.

Dopamoon – Dopamoon (LP)
Notre morceau préféré : « Comme La Lune »

Dopamoon, c’est un peu le kiff fiévreux ultime pour dérouiller notre âme de fêtard, celle qui sommeille en chacun des confinés. Dans le petit milieu de la presse indé, c’est aussi le projet qui circule discrètement entre gens de bon goût depuis des mois. La botte secrète du groupe s’appelle Julien Barthe, aka Plaisir de France, qui s’est allié à Francesca Veneziana et Virgile Alien pour doper nos nuits. Dans une explosion de saveurs et de couleurs, leur album s’aventure en territoire afro-pop dans Who Says, en boîte de nuit dakaroise avec Zuukou Mayzie dans Zouker c’est pas tromper, tandis que l’insouciance originelle de la French Touch pétille en bulles disco, ici avec Sarah Rebecca dans Time Is Money, là sur les titres instrumentaux Comme la lune et Ailleurs Que Le soleil. Le trio dope définitivement nos journées.

Pablo Nouvelle – Obsolete (LP)
Notre morceau préféré : « A Peek Inside »

Électroniquement transcendante : voilà comment décrire la house de Pablo Nouvelle. Ces deux mots de vingt-six lettres (plus c’est long, plus c’est bon) sont bien balèzes en comparaison des productions fluides, aériennes et dansantes de son album Obsolete. Le producteur nous emmène clubber en open air avec ses kicks marqués, ses ambiances downtempo, et son savant ballet de synthés. Ce mélange produit des étincelles sur les tracks A Peek Inside et The Atmospheric Halo Fades Into The Blackness Of Space (on a dépassé les vingt-six lettres). Qualifié de disque pour « danser et rêver en même temps » par son génial géniteur, Pablo confie : « À l’origine, je voulais faire un album avec deux faces, et j’ai pensé que ce serait pas mal d’en faire un pour le jour, et un pour la nuit », en parlant du lien qui l’unit avec son disque Atlas Internet Café. On en avait pour nos jours, nous voilà garnis pour la nuit.

Alexandrie – Loin (EP)
Notre morceau préféré : « Pays »

Alexandrie, projet solo d’Antoine Passard, rayonne avec ses synthés vintage et son chant aventureux. Son premier EP réunit des ballades solaires, foulant le sable vendéen sous un ciel dégagé dans Les Sables d’Olonne, nous guidant à travers la nuit dans Le Phare, se frayant un passage énergique dans L’eau, avant d’évoquer les tonalités romantiques de Thomas Darmon dans Pays. Ce cinq-titres se respire comme les embruns d’eau salée sous un soleil de midi, gorgé de promesses de vacances, ondulant subtilement au rythme des vagues. C’est malin, on a maintenant envie de prendre le premier train pour la côte ouest, direction l’été. À défaut, le musicien sublime notre nostalgie estivale de ses notes claires.

Charles Murdoch – Shade (EP)
Notre morceau préféré : « Chuppa »

Le label australien Future Classic compte son lot de talents accessibles, à la lisière de la pop culture, comme le producteur superstar Flume ou le chanteur Hayden James. Mais c’est à Brisbane, dans l’état australien du Queensland, qu’on retrouve Charles Murdoch. Son univers constitué de nappes de synthés enveloppantes et d’un grain évoquant les vieilles cassettes VHS, plus underground et expérimental que ses acolytes, s’était déjà éloigné de ses amorces house et future avec l’EP WTBL en mars 2019. Le voici de retour avec Shade, quatre-titres plus exigeant et ambient que jamais. Progressif et énigmatique sans être âpre ni inaccessible, le producteur opère sa mue avec cette sortie dévoilée en indépendant sur Soundcloud et Bandcamp.

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