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10 albums qu’il ne fallait surtout pas rater cet été

10 albums qu’il ne fallait surtout pas rater cet été

Pendant que tu barbotais les doigts de pied en éventail, que ta crinière s’éclaircissait à vue d’œil sous les rayons de soleil et que ton teint prenait les couleurs d’un café crème, certains artistes s’échinaient à donner de la voix dans les charts.

Retour en 10 albums sur une période principalement répartie entre les traditionnels blockbusters estivaux (Jungle, Tora, Joy Delanane…) et des sorties plus confidentielles à rattraper de toute urgence (Madi Diaz, Hollysiz, DeLaurentis…).

Jungle – Loving In Stereo

Le coup de ♥ d’Eva : « Bonnie Hill »

Le 3ème album du mythique duo britannique Jungle était l’une des sorties phares de cet été. Quatorze morceaux parfaitement maîtrisés abordent les thématiques qui ont marqué cette année pandémique, sans pour autant abandonner les rythmiques dansantes et l’ADN funk propre à la musique de Josh Lyod-Watson et Tom McFarland. Plutôt que se reposer sur leurs lauriers, Jungle continue à explorer sa propre jungle de possibilités, avec notamment une apparition remarquée du saxophone dans leur univers musical. Loving In Stereo est un album d’expérimentation, mais aussi une leçon de résilience et de positivisme qui nous décrit un monde post-pandémie et post-distanciation sociale, où la danse et la bonne humeur règnent en maître, ce pour notre plus grand bonheur.

Chroniqué par Eva.

Tora – A Force Majeure

Le coup de ♥ de Marin : « How Long »

Tora est un quatuor originaire de Byron Bay, surnommé la ville la plus cool d’Australie. Avec A Force Majeure, le groupe signe aussi l’album chillwave le plus cool de l’été tout juste terminé. Son esthétique se construit au croisement d’une association d’harmonies pop avec des synthés triturés plus psychédéliques, sans oublier un héritage néo-soul qui saute aux oreilles avec les featurings des chanteuses Angie Hudson et Asha Franco. Après avoir déménagé à Amsterdam, Tora déploie ce 3ème disque élégant et émouvant que l’on devinerait inspiré par le foisonnement des villes-mondes européennes, tout en restant à distance respectable de la mer au cas où il faudrait rentrer à la maison. Autrement dit, le parfait condensé entre de nouvelles sonorités inspirées et leur identité constitutive que l’on aime tant retrouver.

Chroniqué par Marin.

Madi Diaz – History Of A Feeling

Le coup de ♥ de Luis : « Woman In My Heart »

Madi Diaz a appris le piano et la guitare dès son plus jeune âge. Fille d’un père Péruvien et d’une mère Danoise, l’artiste laisse influer ses origines musicales sur son nouvel album History of a Feeling. Quatre ans après son dernier opus, Diaz ouvre son cœur et montre le meilleur de son côté lyrique : ses textes sont honnêtes, sensibles et très personnels. Elle partage ses humeurs changeantes et son chaos émotionnel habituel. Diaz rompt l’ambiance mélancolique de ses chansons avec les énergiques Woman in my Heart et Nervous. Quant à la scène, l’américaine partira en tournée cet automne, mais elle n’accordera sa guitare que sur les scènes de l’autre côté de l’Atlantique.

Chroniqué par Luis.

Joy Denalane – Let Yourself Be Loved (Deluxe Version)

Le coup de de Marin : « Top Of My Love »

Comment faire sonner l’esthétique Motown sans paraître ringard en 2021 ? Il faut demander à Joy Denalane, prêtresse soul allemande, qui se tourne vers des sonorités vintages pour son premier album anglophone depuis Maureen en 2012. L’artiste prolonge le plaisir avec une réédition deluxe de Let Yourself Be Loved comme c’est de tradition pour les succès commerciaux, et on ne boude pas notre plaisir à la retrouver avec 5 titres inédits. La recette est toujours aussi rudement efficace et groovy : parler de l’amour sous toutes ses formes, napper son récit dans un écrin instrumental délicat, et rehausser le tout de quelques featurings soigneusement choisis – C.S. Armstrong et BJ The Chicago Kid pour la dédicace. Sans conteste, Berry Gordy peut approuver cet album.

Chroniqué par Marin.

Penelope Antena – Beamorose

Le coup de de Marin : « Back to Stay »

Habituellement réfugiée au cœur d’une vaste forêt perdue dans la montagne, la franco-belge Penelope Antena est partie de manière impromptue dans le Grand Ouest américain. Là-bas, elle s’est liée d’amitié avec B. Forrest, Woody Goss de Vulfpeck, les musiciens de Bon Iver et plein d’autres. Déjà ouvertement foktronica dans son précédent opus Antelope, l’artiste revient aux racines américaines de la folk et renoue avec l’épure de sens et de forme. Des quelques titres d’ouverture chargés en effets vocaux (One For Lewis, Bye Honey, Heaven), l’artiste émancipe peu à peu une voix cristalline (Matt Poisson, Back to Stay, If It’s Not Morning, et dans une moindre mesure Crack Cocaine) révélant le talent d’une chanteuse-interprète en plus de la productrice-compositrice.

Chroniqué par Marin.

Hollysiz – Thank You All I’m Fine

Le coup de de Marin : « Ce soir »

Corps et couleurs exultent au diapason sur le premier format court de Hollysiz. Après avoir brillé en 2018 dans l’action énergique de Rather Than Talking, Cécile Cassel écrit en anglais « Merci à tous je vais bien » pour nous prendre à contrepied en chantant la première fois en français sur l’échappée de Ce Soir. Il y a aussi la célébration d’une féminité lumineuse avec Thank You All I’m Fine, l’acceptation de soi sur Give Me Something ou l’hymne à la force collective de Blind Ties. Entre les lignes, on peut toujours déceler une puissante résilience dotée d’une conviction féministe, comme le cri du cœur d’une Hollysiz libérée, de sa major et de Paris qu’elle a quitté. Cécile Cassel est enfin cinq fois pleinement elle-même.

Chroniqué par Marin.

Nils Frahm & F.S. Blumm – 2×1=4

Le coup de ♥ de Luis : « Desert Mule »

Au plus tard avec sa bande-son du film à succès Victoria, Nils Frahm est devenu un pianiste et compositeur mondialement célèbre. Le Hambourgeois de 38 ans sait comment mélanger les sons néo-classiques avec des vibrations minimalistes. Il sort maintenant un nouvel album avec F.S. Blumm, quatrième collaboration entre les deux musiciens qui se connaissent depuis près de deux décennies. Sur leur LP 2X1=4, ils combinent des rythmes dynamiques, une batterie insolente et des sons de cordes délicats. Les titres Presidental Tub et Raw Tub font penser aux mers du Sud, à la plage et au coucher du soleil, tandis que Neckrub nous emmène sur un dancefloor berlinois.

Chroniqué par Luis.

DeLaurentis – Unica

Le coup de d’Eva : « Unica’s Cloud »

Poésie et réflexion sont les maîtres-mots d’Unica, le premier album de la productrice française DeLaurentis. Ses 10 morceaux nous invitent dans le conte musical narrant la naissance de sa sœur numérique, née d’un métissage entre la femme et la machine, entre la musicienne et ses instruments, qui se prénomme Unica. Elle représente aussi bien les cordes vocales de DeLaurentis, que la place du numérique dans nos vies quotidiennes. Le résultat est lunaire : véritable balade numérique, la proposition électro est portée par sa voix douce et une direction artistique poussée, notamment de nombreuses inspirations cinématographiques qui transcendent sa musique. Prends une grande inspiration, et plonge dans ce monde hybride entre Alice aux Pays des Merveilles et Black Mirror.

Chroniqué par Eva.

Soumaé – Activations Pt.1

Le coup de d’Eva : « Balanyi »

Derrière le tout nouveau projet Soumaé se cache Camille Camara, membre du trio de producteurs français Jabberwocky, qui avait fait danser le monde entier avec le single Photomaton. Camille réussit, avec son premier EP Activations Pt.1, à allier l’italo-disco de Jabberwocky à des percussions omniprésentes pour un résultat pétillant et complètement original. Ce projet beaucoup plus personnel met à l’honneur l’héritage d’une famille de percussionnistes. Les influences africaines, les rythmes enivrants et les synthés rétro font de Sambanyi et Balanyi les bandes sons idéales pour une soirée endiablée : une jolie avant-première des talents de Camille aux platines, qu’on aura l’occasion de voir lors du festival Madame Loyal le 25 octobre.

Chroniqué par Eva.

Multi-interprètes – Collections

Le coup de de Marin : « The Shore (Calmos, Berzingue Remix) »

Comme un mantra, la compilation Collections de l’écurie parisienne Pont Neuf Records s’ouvre sur le gimmick vocal samplé « I Need You » du remix de Calmos et Berzingue. C’est là tout l’objectif de l’entreprise : chacun des artistes du roster remixe une autre partie des artistes, créant une grande communion familiale où chacun a besoin de tout le monde. Plusieurs couleurs se succèdent : house soulful pour Tour-Maubourg sur Hearing My Name, disco-house pour KX9000 sur Lost Islands, deep-house vaporeuse pour Cosmonection sur Sonha et brokenbeat pour Saudade sur Ode to Love. Voici définitivement la meilleure carte de visite qui puisse exister pour cette grande bande de copains et d’amoureux du son.

Chroniqué par Marin.

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