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Ah bah d’accord, on a interviewé Juniore

Ah bah d’accord, on a interviewé Juniore

Juniore vient de sortir son nouvel album, Un, Deux, Trois. Après trois ans à barouder sur les routes, le trio nous étonne de ses sonorités brutes inspirées des 60s. On les a interviewés alors que leur date initialement prévue ce mardi 7 avril à la Maroquinerie affichait complète. Témoignage d’une petite histoire qui raconte un peu la grande, celle de la musique d’aujourd’hui.

Manon : Pouvez-vous vous présenter ?

Juniore : On s’appelle Juniore (avec un « e »). Swanny Elzingre est à la batterie et au chant, Anna Jean (moi) à la guitare, aux claviers et au chant et notre bateleur, notre fakir, notre bigouden, Samy Osta, un peu partout.

M. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

J. J’ai rencontré Samy au lycée, ça nous rajeunit pas. Et avec Swanny, c’est une romance d’aujourd’hui – on s’est rencontrées sur le réseau social. On cherchait quelqu’un pour un remplacement, elle a répondu à notre petite annonce. On ne devait pas se rencontrer, mais à la suite d’une série de malentendus, on s’est donné rendez-vous. On a joué un peu de musique et ricané beaucoup. On s’est dit « Ça fait du bien de rencontrer quelqu’un de normal ». C’était il y a 5 ans (soit 35 ans en années de musicien – c’est comme les années de chien).

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M. Quelles sont vos influences ?

J. Je crois qu’on a plus ou moins tous les trois baignés dans les mêmes musiques, en grandissant. Nos parents étaient jeunes dans les années 60. Dans la voiture, ils écoutaient Leonard Cohen, Neil Young, Elvis Presley, les Beatles. Plus tard, on a découvert une version FR, les années yéyé, la chanson mélancolique de Françoise Hardy et l’humour décalé de Stella, le caractère naïf et piquant de France Gall, Delphine, Alice Donna… On est tombé sous le charme de cette hyper France qui voulait faire comme en Amérique et qui imitait le Swinging London. On est tombé amoureux de cette époque où l’avenir allait forcément être meilleur. Avec ces Alfa Romeo Spider 2600, ces robes en kit de Paco Rabanne, ces voyages sur la Lune, l’arrivée de la pilule et de l’électroménager. Et on aime bien lire Alphonse Allais, sur la route.

M. Comment vivez-vous la sortie du second album ?

J. C’est toujours miraculeux, la sortie d’un disque. On est jamais très sûr d’y arriver. Alors forcément, on le vit bien. Même si il y a aussi un petit quelque chose de l’ordre du baby blues. Dès que le travail est fait, quand les chansons sont enregistrées, qu’elles cessent d’être pleines de leur potentiel imaginaire, mais qu’elles sont là, c’est une joie qui s’accompagne d’un sentiment un peu morose. L’exaltation, le plaisir de fabriquer, je crois que c’est ce que l’on aime. Après, il ne reste plus qu’à espérer que ça va parler aux gens. Que ça leur plaira un peu. Les concerts, la route, c’est une autre étape. Et on a hâte !

M. Et votre tournée ? [NDLR : L’interview a été réalisée avant la crise du coronavirus. Nous avons choisi de garder les réponses du groupe].

J. On repart sur la route en avril, on est content. On a eu la chance de beaucoup voyager ces deux dernières années. C’est merveilleux de voyager avec la musique. On rencontre les gens d’une autre façon, on voit les endroits d’un autre œil. C’est une vraie chance. Ça se passe pas toujours comme on l’avait imaginé, c’est même plein de ratés, de coups fourrés, de malentendus cocasses. Mais c’est l’aventure. On s’imagine un peu qu’on vit des grands moments Indiana Jones. Ou Koh Lanta.

M. Chez vous, il y a un mélange entre Brigitte Bardot et Le Brio. Qu’en dites-vous ?

J. Ça nous plaît bien ! D’ailleurs, pour la peine, on jouera Le Brio de Big Soul.

M. Le clip Ah Bah D’accord semble perché dans les années 50, est-ce une décennie qui vous inspire ?

J.C’est plutôt les années 60. Mais on aime beaucoup la musique des années 50 aussi. Les Everly Brothers quand ils étaient tout jeunes, les productions de Joe Meek… Le début de la musique surf et l’arrivée du garage aussi. Ça foisonnait de nouvelles idées, de nouvelles techniques, de la bidouille de génie. C’est ça que l’on apprécie le plus, je crois.

M. C’est la tradition chez Arty, quelle est pour vous la définition d’un artiste ?

J. J’aime bien l’idée de Jacques Brel : c’est un mélange de désir et de travail. Et fabriquer quelque chose, un objet, des mots, une œuvre, pour essayer de la faire exister dans le monde, pour partager une vision imprégnée d’une époque, un témoignage intime pour laisser une petite histoire qui raconte un peu la grande.

Retrouve les géniaux Juniore sur Instagram.

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