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Les 3 Éléphants a embrasé Laval pour sa 22ème édition

Les 3 Éléphants a embrasé Laval pour sa 22ème édition

Marin Woisard
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Du 22 au 26 mai 2019, le festival Les 3 Éléphants a fait un carton plein avec 36,000 festivaliers réunis dans le centre de Laval. Un week-end de folie sous le signe du gros son, des arts circassiens, et de la bonne humeur. On te raconte.

Jeanne Added, Étienne de Crécy, Caballero & JeanJass, Thylacine, Clara Luciani, Flavien Berger, Columbine… Impossible de rester de marbre face au line-up éléphantesque de la programmation du Festival les 3 Éléphants. Alignant têtes d’affiche et artistes émergents, l’événement réussit le pari de réunir toutes les générations : ados en pogo devant Columbine, grand-mères s’enjaillant face à Étienne de Crécy, et familles à poussette pour les arts de rue.

Question cadre, le festival se met bien. À l’ombre des murailles et des façades à colombage de Laval, le centre médiéval s’anime avec les activités de circassiens venus en nombre. Pendant cinq jours, acrobates, humoristes et musiciens se donnent rendez-vous dans une ébullition festive. Un peu comme si la fête avait soudainement saisi toute la ville. Notre coup de cœur va au coin chill, merveilleusement calé dans les anciennes douves du château. Tu vois arriver le piège à sieste ?

Difficile de résister à l’appel de la sieste avec un coin chill pareil © Thomas Daeffler

Vendredi, les fins mélomanes ont pu apprécier la pop décalée de Flavien Berger, ponctuant ses interludes de questionnements philosophiques sur le jazz. D’une scène à l’autre, le show des incroyaux Caballero et JeanJass nous a entraîné dans leur univers, avec une mention spéciale à leur DJ calé dans une vieille voiture coupée en deux. La soirée se termine sur le dancefloor avec le Space Echo Live d’Étienne de Crécy, présenté auparavant à la Philharmonie de Paris, et la techno atomique d’ATOEM pour les férus de bécane modulaire. Une fusion des sens et des corps.

Samedi, on a remis le couvert pour une belle dose d’amour. Jeanne Added s’est imposée comme la valeur sûre du festival dans une performance puissante, maîtrisée et sensible. La boss, tout simplement. Deux découvertes inattendues se sont invitées à la table des réjouissances : le post-punk électro du duo Nova Materia et la cold-wave cyber des parisiennes de Oktober Lieber. La soirée du second jour s’est terminée avec la scéno balèze de Thylacine, impérial au milieu des images de son périple en Argentine. Un live étudié et précis qui a fait trembler l’Arène et son public.

La ferveur des ados pour Columbine est sans égale © Thomas Daeffler

Si les festivaliers pouvaient décerner la palme du groupe le plus chaud, elle reviendrait sans conteste à Columbine. Le groupe rennais a tout cassé au milieu des hurlements de groupies maquillées à ses couleurs. Beaucoup de fan attitude, beaucoup d’énergie, peut-être même un peu trop. Oui, la fosse nous a rappelés qu’on commençait à se faire vieux. On s’est logiquement repliés devant le défilé improbable des Gérards, le collectif aux stickers loufoques.

Cette bande de potes devenue ambianceurs professionnels a commencé à poser ses stands ici et là en festival, avant de prendre les platines pour déposer des tracklists façon mariage des années 80. Avec leurs armes de dérision massive, les joyeux lurons ont illuminé notre fin de festival et prévoient de sortir prochainement leur bière – on pose tranquillement l’info ici. Espérons que le déménagement des 3 Éléphants annoncé depuis plusieurs années ne viendra jamais casser la magie d’un festival irremplaçable. La Mayenne, ça nous gagne.

Texte par Marin Woisard / Photographies par Thomas Daeffler
Article mis à jour le 11 décembre 2020.

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